Accueil>Poser sa relation avec les élèves>Travailler avec des adolescents>L’autonomie des élèves: une approche globale

Les 4 moyens proposés par Alain Bandura

Dans sa réflexion sur le sentiment d’efficacité personnelle, qui débouche sur l’autonomie, Alain Bandura a mis en avant 4 éléments positifs.

Tout d’abord, l’enseignement veillera à la situation globale de l’élève. Son état de fatigue, ses soucis pèsent obligatoirement sur sa réussite et sur l’analyse qu’il peut en faire. Dans la mesure du possible, limiter la zone de stresse de l’élève face à une activité, quitte à en réduire le périmètre dans un principe de réalité, peut être un premier pas, un pied dans la porte qui la maintient ouverte.

Dès lors, il faut que l’élève vive un moment de réussite reposant sur ses efforts. Les défaites créent une spirale d’auto-dépréciation, liée aux biais (voir la partie de ce site qui leur est consacrée), et la réussite crée une spirale positive. Pas des succès jugés faciles ou vite dévalorisés, non, une réussite construite et signifiante, même modeste, sur laquelle il/elle pourra faire reposer une image favorable de ses aptitudes.

Ensuite l’élève peut s’appuyer sur un exemple de réussite. On joue moins sur cette identification dans nos sociétés individualistes qui rejettent les modèles, dans nos écoles post-modernes forcément critiques de toute icône, mais cette voie a longtemps été un ressort essentiel de l’enseignement, et l’on s’étonne que les élèves adulent les stars qu’ils se construisent ou que leur vend l’industrie du loisir. L’association à des modèles positifs peut aider à surmonter l’oppression viriliste, à se projeter plus loin que l’adolescence et ses tourments.

Dernier point, quand progrès il y a, les encouragements réalistes sont source de construction d’une bonne image de soi. Plutôt dans une logique individuelle que de comparaison, d’ailleurs.

Ce travail sur l’autonomie s’envisage sur l’ensemble de l’année.

Il est nécessaire en début d’année d’identifier le niveau d’autonomie des élèves.

Il faut d’abord veiller à renforcer la capacité individuelle de prise de décision, la liberté de penser face à l’autorité mais aussi face aux autres, avant de lancer des travaux de groupe

Ainsi, il est bon de veiller à donner des opportunités à l’élève de penser et de se comporter moralement, de s’interroger sur les sentiments et les points de vue des autres, encourager un sens moral interne (morale autonome) plutôt qu’externe (morale du groupe, des adultes, etc.).

Plusieurs pistes existent ensuite pour gérer les moins autonomes. On peut tout d’abord placer chacun dans sa zone de confort. Mieux vaut donner de petites tâches valorisantes que de critiquer un adolescent, pour le sortir de sa passivité. Il oppose alors moins de résistance et recherche plus volontiers les responsabilités.

Une autre piste en cas de difficulté est de concentrer les efforts sur les plus réceptifs. Ils finiront par entraîner les autres dans leur sillage. Y compris les réfractaires des débuts. Le plus souvent…?

En cours d’année, il est préférable de programmer une évolution vers de plus en plus d’autonomie, notamment pour éviter l’overdose d’exercices en autonomie.

Pour cela, rien ne vaut l’élaboration d’un calendrier avec les élèves eux-même. Ils savent bien, collectivement, quand ils auront à réaliser un exposé dans une autre matière ou achever leur EPI.

Enfin, tous ces travaux prendront pleinement leur sens si on procède avec les élèves à un retour d’expérience : réaliser le chemin accompli, mesurer les réussites / erreurs et les analyser. L’enseignant est bien placé pour le faire dans ses commentaires de copies ou sur le bulletin, mais rien ne vaut l’activité des élèves, qui par exemple rapportent leurs productions pour faire un bilan de mi-année et dégager ce qui reste à améliorer.

Dans ce cadre, l’enseignant doit accepter / interpréter les mouvements de recul, les changements de positionnements, les oppositions, les phases de deuil entre les étapes de l’accession à l’autonomie, qui peuvent apparaître parmi les élèves face à l’exigence croissante d’autonomie

Cas extrême, une expérience assez folle (dans le système français) est menée au Collège des Baous, à Saint Jeannet (Alpes Maritimes) sur la proposition d’une enseignante d’éducation physique. S’inspirant de la saga Harry Potter (et donc du modèle des Public Schools anglaises), les élèves sont répartis en 7 « maisons » allant de la 6e à la 3e, au sein desquelles les élèves sont amenés à s’entraider et à mener des tâches collectives. Les mauvais comportements pénalisent la maison, les bons lui apportent des points. En fin d’année l’équipe ayant le plus de points gagne une journée en parc de loisirs. Trop tôt pour en tirer un bilan, mais l’ équilibre entre marge d’autonomie et d’initiative, entraide, et pression du groupe sera à n’en pas douter un paramètre central à étudier.

Sur le sujet de l’autonomie, vous pouvez aussi lire:

Orientation par l’échec, impuissance apprise ou efficacité personnelle par l’autonomie ?

L’autonomie: comment la mettre en oeuvre ?

La quête d’autonomie et ses dangers chez les adolescents

Un commentaire sur « Favoriser l’autonomie des élèves: une approche globale »

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