Accueil>Poser sa relation avec les élèves>Travailler avec des adolescents>L’autonomie des élèves: une approche globale

Un travail sur l’autonomie s’envisage sur l’ensemble de l’année.

Il est nécessaire en début d’année d’identifier le niveau d’autonomie des élèves.

En cours d’année, il est préférable de programmer une évolution vers de plus en plus d’autonomie, notamment pour éviter l’overdose d’exercices en autonomie.

Pour cela, rien ne vaut l’élaboration d’un calendrier avec les élèves eux-même. Ils savent bien, collectivement, quand ils auront à réaliser un exposé dans une autre matière ou achever leur EPI.

Enfin, tous ces travaux prendront pleinement leur sens si on procède avec les élèves à un retour d’expérience : réaliser le chemin accompli, mesurer les réussites / erreurs et les analyser. L’enseignant est bien placé pour le faire dans ses commentaires de copies ou sur le bulletin, mais rien ne vaut l’activité des élèves, qui par exemple rapportent leurs productions pour faire un bilan de mi-année et dégager ce qui reste à améliorer.

Dans ce cadre, l’enseignant doit accepter / interpréter les mouvements de recul, les changements de positionnements, les oppositions, les phases de deuil entre les étapes de l’accession à l’autonomie, qui peuvent apparaître parmi les élèves face à l’exigence croissante d’autonomie

Plus largement le travail sur l’autonomie nécessite certaines précautions.

Ainsi, il est bon de veiller à donner des opportunités à l’élève de penser et de se comporter moralement, de s’interroger sur les sentiments et les points de vue des autres, encourager un sens moral interne (morale autonome) plutôt qu’externe (morale du groupe, des adultes, etc.).

Il faut d’abord veiller à renforcer la capacité individuelle de prise de décision, la liberté de penser face à l’autorité mais aussi face aux autres, avant de lancer des travaux de groupe

Plusieurs pistes existent ensuite pour gérer les moins autonomes. On peut tout d’abord placer chacun dans sa zone de confort. Mieux vaut donner de petites tâches valorisantes que de critiquer un adolescent, pour le sortir de sa passivité. Il oppose alors moins de résistance et recherche plus volontiers les responsabilités.

Une autre piste en cas de difficulté est de concentrer les efforts sur les plus réceptifs. Ils finiront par entraîner les autres dans leur sillage. Y compris les réfractaires des débuts. Le plus souvent…

Cas extrême, une expérience assez folle (dans le système français) est menée au Collège des Baous, à Saint Jeannet (Alpes Maritimes) sur la proposition d’une enseignante d’éducation physique. S’inspirant de la saga Harry Potter (et donc du modèle des Public Schools anglaises), les élèves sont répartis en 7 « maisons » allant de la 6e à la 3e, au sein desquelles les élèves sont amenés à s’entraider et à mener des tâches collectives. Les mauvais comportements pénalisent la maison, les bons lui apportent des points. En fin d’année l’équipe ayant le plus de points gagne une journée en parc de loisirs. Trop tôt pour en tirer un bilan, mais l’ équilibre entre marge d’autonomie et d’initiative, entraide, et pression du groupe sera à n’en pas douter un paramètre central à étudier.

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