Accueil>Poser sa relation avec les élèves>Travailler avec des adolescents> Quel style pédagogique adopter ?

Les différents styles pédagogiques

Il y a nécessité pour l’enseignant de chercher un équilibre pour aider l’adolescent à  atteindre l’autonomie relationnelle et la motivation, qui incorporerait deux impératifs:

– autorité : cadrage, sécurisation

– confiance : créer un climat propice aux expériences (attachement, empathie, possibilité du groupe de pairs, prise en compte des étapes de l’autonomie)

Dans les années 1960 le psychosociologue Douglas Mc Gregor («The Human Side of Enterprise») sous le nom de «théorie X» a affirmé que l’individu moyen n’aime pas travailler. Il faut donc le contraindre, voire le menacer : la carotte et le bâton, les notes… Mais les psychologues américains Edward Deci et Richard Ryan (à qui l’on doit le concept de «Motivation intrinsèque» et la «Théorie de l’autodétermination») ont démontré que la motivation intrinsèque était déconnectée de ces leviers. Les salariés qu’ils ont étudiés s’impliquent davantage s’ils donnent un sens personnel à leur travail, et les perspectives de salaires plus élevés sont nettement moins motivantes.

[Les différentes formes de la motivation sont abordées dans la partie de ce site correspondant à ce lien.]

A partir de là on a fait le constat de l‘efficience supérieure du mode d’action « démocratique » pour la motivation:

… mais il ne faut pas être naïf sur les effets induits de ce mode d’action : la « domination douce » est une forme discrète d’exercice du pouvoir qui repose sur la recherche d’assentiment de la part des personnes visées. Ce sont elles qui doivent trouver un sens à leur subordination, et par conséquent elles qui devront assumer la responsabilité en cas d’échec… Dans le cas qui nous concerne, l’élève dont les résultats ne progressent pas alors qu’il est convaincu que l’institution scolaire et ses enseignants ont tout fait pour l’aider se retrouve bien seul. Comment se révolter si l’on a intégré l’idée que l’autorité est « bienveillante » ?

Ces modalités pédagogiques sont donc de nouveaux vecteurs de subordination des élèves, en ce sens qu’ il ne s’agit pas d’une autonomie et d’une participation conquises, mais imposées.

Cela se traduit par des actions à plusieurs niveaux

Si un ou des élèves adoptent un comportement qui n’est pas conforme aux règles de vie que l’on entend faire respecter dans la classe, le premier réflexe est bien de se dire que c’est l’enseignant qui est concerné, et non l’individu, même s’il y a acharnement, ce qui peut arriver. On est visé parce qu’on a un rôle dans la société, une place d’enseignant dans la vie de l’élève, et c’est pour cela qu’il y a conflit. Il se peut aussi que ces comportements nous déçoivent de la part de classe ou d’élèves avec lesquels on pensait avoir une relation de travail apaisée. Mais « on n’abdique pas l’honneur d’être une cible »… Certes c’est plus facile à dire quand on ne travaille pas en établissement difficile.

Dès la rentrée : Poser un cadre

Poser son autorité sur le groupe classe ; rassurer

– Poser des cours explicitement très structurés

– Définir des objectifs clairs et peu nombreux

– Tenir le calendrier annoncé

[La dimension collective de la sécurité, ne relevant pas de l’enseignant seul, ne sera pas développée ici. Pour information, il a été établi que les dispositifs lourds (détecteurs de métaux à l’entrée, etc.) étaient contre-productifs car ils étaient inefficaces et augmentaient le climat de tension, tout comme les caméras sont dissuasives contre les acteurs rationnels uniquement… La violence est très rarement le fait d’une personne étrangère à l’établissement scolaire, et il est plus productif de travailler sur l’architecture et sur le climat scolaire [1].]

Créer un climat de confiance

– Connaître rapidement le contexte et le projet de chaque élève, l’évoquer avec lui (à l’occasion d’un entretien individuel avec chaque élève dont on est le professeur principal, par exemple)

– A chaque heure, avoir un mot ou un regard explicite pour chacun.

– Placer les cours dans l’optique de ces projets, et si besoin (de façon marginale mais explicite) adapter les contenus / démarches

– Soutenir ou développer des identités collectives (de filière, d’établissement, locale…) sans tomber dans le piège de la comparaison, par le discours ou par des actions fédératrices ; on pense aux journées d’intégration dans les grandes écoles, qui peuvent être adaptées en une journée de rentrée enrichie de dispositifs permettant aux élèves de rapidement s’entendre tout en explorant leur univers, mais aussi à tout ce dont la classe sera fière car elle en donnera une image positive auprès des autres élèves


[1] Eric Debardieux, « Faut-il bunkériser l’école ? », revue Sciences Humaines, n°279, mars 2016

Un commentaire sur « Quel style pédagogique adopter ? »

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