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Plan

– Les filles sous la pression (voire l’oppression) masculine

– Pour une approche plus complexe de la question du genre au Collège et Lycée : des garçons en souffrance

– Le Secondaire pour les élèves qui s’interrogent sur leur identité affective ou sexuelle (LGBT)

Nota : Il sera question ici des relations de genre hors violences sexuelles. Relevant des crimes, celles-ci font l’objet d’une page spécifique car, si elles ont des origines en partie communes avec ce qui est présenté ici, elles ne sauraient être incorporées à ce propos de par leur gravité.

Les violences sexuelles (partie du site encore en construction)


Les filles sous la pression (voire l’oppression) masculine

Abordons la manière dont la plupart des publications présentent aujourd’hui la question du genre pour ce qui concerne les élèves.

Lorsqu’ils arrivent au Collège, ces élèves ont déjà derrière eux une décennie de construction de leur identité genrée. Les enseignant.e.s quant à eux font pleinement partie de cette société, dont ils partagent les stéréotypes (quand bien même il s’agirait de femmes, quand bien même celles-ci seraient les plus nombreuses ; cf la partie consacrée aux enseignant.e.s).

Le Collège puis le Lycée sont donc logiquement le lieu d’un approfondissement de ces stéréotypes, et l’on commence à voir les traductions concrètes de ceux-ci

Attention : Ce schéma (et ceux qui suivent) présente une vision très simplifiée, qui pour des raisons de complexité ne présente pas l’infinie variété des situations individuelles, qui peuvent évidemment rompre avec les logiques ici indiquées.

Approfondissement par l’action des enseignant.e.s, qui adressent la parole de manière différenciée aux garçons et aux filles. A celles-ci des questions plus rares, des réponses plus courtes. A ceux-ci des questions plus fréquentes, plus difficiles, comme le montrent les travaux de Nicole Mosconi.

L’idée qui prévaut, selon ces études, est que les garçons sont perçus comme ayant un potentiel à valoriser, s’ils échouent ou restent inactifs c’est un refus de travail qui doit être contrecarré ou sanctionné. Les filles quant à elles auraient besoin de plus travailler, si elles échouent il ne faut pas leur en vouloir mais au contraire il faut les encourager, sanctionner avec modération.

Bien entendu ce corpus de valeurs se traduit dans les notes, très fortes ou très faibles pour les garçons, tirées vers les valeurs moyennes pour les filles.

Les manuels scolaires amplifient ces inégalités genrées, en donnant aux femmes une place secondaire, indifférenciée, stéréotypée [1].

Il y aurait donc un « curriculum caché » (en plus du programme on apprend subrepticement aux filles la place qui sera la leur dans la société, inférieure et discrète) ainsi qu’un « double standard » (des attentes et évaluations différentes en fonction du genre).

Dans leurs relations interindividuelles, les élèves confirment ces stéréotypes.

Les garçons surinvestissent l’espace du Collège. La Cour leur est majoritairement dévolue, avec leurs jeux de balle. Ils font aussi régner la terreur dans les toilettes par leurs agressions fréquentes. [2]  Dans la classe, ils occupent l’espace sonore, soit en participant bruyamment, en coupant la parole aux filles, soit au contraire en menant le chahut et les perturbations volontiers provocatrices envers les enseignants.  « Se met en place une association entre la masculinité et les comportements perturbateurs, voire violents, notamment nuisibles à l’entourage ; des incompétences émotionnelles… » [3]. La violence des filles demeure minoritaire, même si elle progresse. [4]

Evidemment, ces chahuts construisent des réputations de leader, n’ayant pas peur de se mesurer aux enseignants. Dès lors ces punitions deviennent des trophées, des signes d’entrée dans le groupe des dominants [5]. C’est une pratique d’intégration, d’hyper-socialisation et non une rupture du lien social.

D’ailleurs, la preuve en est que 80 % des élèves punis au collège sont des garçons.

Attention toutefois. Toutes ces violences sont à penser dans un cadre sexiste. Il s’agit pour les garçons de se définir comme forts, sous-entendu non féminins. Et ainsi de lancer une sorte de parade amoureuse sous le regard des filles.

Mais les filles de leur côté sont bridées dans la libre expression de leur féminité, elles doivent rester sages. Aux deux extrêmes on retrouve cette police des mœurs. « Certaines expressions de la féminité sont condamnées par les adultes, telles le port du string qui devient un enjeu d’éducation au nom du « bon goût ». » [6] Où l’on retrouve la proposition d’un uniforme. Mais les débats portent tout autant sur la question du voile islamique (ce terme n’est posé ici qu’en approximation, il y a débat sur le mot exact à employer), dont la complexité dépasse le cadre de ce propos.

Comme l’affirme l’ouvrage « Mixité et violence ordinaire au collège et au Lycée » [7] les conduites violentes ont la plupart du temps un caractère sexuel affirmé, elle sont des instruments de contrôle de la sexualité des filles. 

Les garçons ainsi portés vers plus de leadership oseront plus tard des orientations ambitieuses. Les filles en revanche auront vu leurs ambitions brimées, ou auront  intériorisé la place que la société leur assigne. Les modèles de réussite qui leur auront été proposés (notamment dans les manuels) sont principalement masculins. Elle ne s’autoriseront que des ambitions modestes, vers des secteurs déclassés dans la société actuelles (ex : les humanités, et non les sciences). On est face à une « ségrégation sexuée des orientations ».[8]

La machine à reproduire les stéréotypes repartira pour un tour.

Le livre «Mixité et violence ordinaire au collège et au lycée » affirme ainsi la prégnance de l’idéologie de la « complémentarité des sexes » et le soutien des enseignants à un système au sein duquel les garçons sont modérément dominants avec des filles qui les « complètent » afin de garantir la paix sociale.

– Pour une approche plus complexe de la question du genre au Collège et Lycée: des garçons en souffrance eux aussi

Les lignes qui précèdent sont glaçantes. Un système effroyable y est présenté.

La première réaction consisterait à séparer les deux genres. Les écoles de filles et de garçons ont une longue histoire en Europe, avant que la mixité ne se développe après 1945. La mixité complète est imposée dans les écoles publiques par les lois Haby en 1975. Aujourd’hui on observe un regain d’intérêt pour cette organisation dans les pays anglo-saxons (notamment aux Etats-Unis), motivé par le féminisme, par une volonté d’agir contre « la crise des garçons » ou en raison de l’image de « différences fondamentales » entre filles et garçons [9]. Néanmoins aucun gain significatif n’apparaît à l’étude. Et les élèves s’interrogeant sur leur genre ne sont pas plus aidés.

Mieux vaut reprendre l’analyse du sujet (ici filles/garçons uniquement). S’il n’est pas question de contester le fruit de toutes ces enquêtes, il n’en demeure pas moins que le tableau global présenté ci-dessus pose quelques questions importantes.

Tout d’abord, il convient de rappeler un point central : la plupart du temps, la scolarité s’opère dans de bonnes conditions.

94% des filles ont une image positive (disent se sentir bien/très bien) de leur collège, c’est même plus que les  garçons (92%). Si l’on affine, 88% disent s’y sentir en sécurité (84% pour les garçons). [10] Les élèves, pour la plupart, au temps de l’adolescence, privilégient les relations entre garçons ou entre filles, dans leur processus de construction identitaire. L’école est le lieu où ils ont l’obligation, l’occasion, de côtoyer l’autre genre. Si le choc des stéréotypes existe, les affections électives existent tout autant. Jusqu’à ce que, en fin de lycée, garçons et filles aient des relations le plus souvent fluides.

On est donc loin du tableau uniment effroyable. Même si l’on fait la part des violences psychologiques et symboliques, l’oppression sur les filles n’est pas telle qu’aucune  ne puisse épanouir ses capacités et opérer ses choix.

Reprenons maintenant l’étude de deux points-clefs : la violence et l’orientation.

Toutes les violences ont-elles une dimensions sexistes ? Par exemple, où placer les inégalités sociales et leurs traductions violentes ? Personne ne conteste qu’il vaut mieux être une fille issue d’un milieu bourgeois qu’un garçon issu de milieu populaire pour qui veut atteindre des études ambitieuses conformes à son choix éclairé.

Eric Debarbieux n’y va pas par quatre chemins et élargit plus encore le champ d’explication des violences, dont il est le spécialiste : « Je suis un peu las parfois de répéter les enseignements fondamentaux de la recherche (et pas que des miennes !) : les facteurs scolaires les plus liés à la violence (sous toutes ses formes) sont l’instabilité des équipes, le groupement des individus difficiles, le sentiment d’injustice…Tant qu’on ne s’attaquera pas à ces trois problèmes, on ne réglera rien. » [11]

Par ailleurs, si l’on affine la lecture de l’étude qu’il a menée sur les violences issues de ce qu’il appelle le « virilisme »,  la distinction fille/garçon réserve une surprise, qui pour les enseignants ou les parents n’en est pas une : la violence entre élèves touche d’abord les garçons. Ils en sont les principales cibles (pour ne pas écrire « victimes »). « L’oppression viriliste se construit d’abord du garçon contre le garçon « faible » et les filles sont reléguées ». [12]

 FillesGarçons
Violence physique  
   Aucune dans l’année78.8%62.4 %
   Plus de 2 fois6.5 %14.4 %
Violence psychologique  
   Aucune65   %61    %
   Plus de 2 fois15.3%18.7 %
Harcèlement4.4 %8.1%
Violences sexistes7    %4   %
Absence de victimisation58.7 %47.3 %

« Les élèves visés par les auteurs de violence sont généralement de même sexe que leurs agresseurs. Les filles auteures de violence s’en prennent quatre fois plus souvent à des filles qu’à des garçons. De la même façon, les violences commises par des garçons touchent trois fois plus de garçons que de filles. » [13]

Quant aux violences sexistes, elles touchent garçons et filles (presque deux fois plus pour les filles). Elles sont le fait d’élèves de l’autre sexe lorsqu’il s’agit d’attouchements, mais du même sexe dans les cas de voyeurisme. Sans minimiser en rien ces violences, force est de constater que la situation ne se résume pas à une agression à sens unique, des garçons contre les filles.

Ce que ces statistiques ne montrent pas, c’est que les violences touchent principalement quelques élèves, qui cumulent différentes atteintes (vols de matériels scolaires, insultes, bousculades) et dans les cas les plus graves souffrent de harcèlements. Comme on le verra dans le développement consacré à l’homosexualité ci-dessous, les jeunes garçons qui peuvent laisser entendre qu’ils seraient homosexuels sont ceux qui endurent le plus de violences.

Au total, 80 % des élèves punis au Collège sont des garçons ? D’ailleurs, le discours qui montre la part majoritaire des garçons dans la parole et dans les interactions avec les enseignant.e.s en classe néglige souvent quelques détails qui ont leur importance : ces interactions sont pour une part significative des réprimandes, suite à une parole jugée perturbatrice, et concernent souvent les mêmes 2 ou 3 garçons. [14]

Si l’on met un temps de côté les stéréotypes de domination, force est de constater que ce statut de perturbateur puni présente de lourds inconvénients. Le premier est les punitions elles-même ! On peut s’étonner de ce qu’elles soient présentées comme uniquement constitutives d’une identité positive. Une punition, en éducation, c’est un rejet. Une blessure narcissique. Elle fait du mal à l’estime de soi. Dans toute relation normale, une punition  se doit de toujours être circonstanciée, accompagnée d’une explication. Et après vient le temps de la réintégration positive. Or, là, on parle d’une routine de la punition, un rôle joué à l’infini. Comment ne pas y voir une exclusion ? A l’INSPE, quant parle-t-on des punitions ?

Ensuite logiquement ces élèves ne peuvent réussir scolairement, puisqu’ils se construisent contre l’école ! 42% des violences émises par les garçons ciblent des adultes de l’établissement ! Et l’on pense à la litanie des remontrances, appels à plus travailler, rendez-vous parents-professeurs… en pure perte. Dans notre société, ces élèves devraient être particulièrement obtus pour ignorer qu’ils ruinent leur avenir. Un véritable suicide social. Et d’autant plus qu’ils sont issus le plus souvent des milieux défavorisés [15]. Dans n’importe quel autre contexte, on les aiderait. [16]

La question de la violence nous amène donc à la question de l’orientation.

Au cours du Secondaire, les chiffres sont éloquents, comme le montre le rapport de la DEPP « Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’école à l’enseignement supérieur 2020 ».[17]

– En 2018, 11% des garçons (contre 7% des filles) sont sortis prématurément du système scolaire.

– En 3e, 39% des garçons choisissent la voie professionnelle contre 26% des filles (13 % d’écart !). Et à ce stade de leur parcours scolaire, ce n’est pas toujours le choix qu’ils avaient rêvé.

– Nettement moins nombreux au lycée général, les garçons représenteront à peine plus de la moitié des élèves des filières scientifiques (s’ils sont aux 2/3 à choisir ces filières, leur effectif est moindre !) quand les filles seront majoritaires dans les autres filières, littéraires certes mais aussi (on l’oublie souvent dans une vision binaire) dans les filières économiques.

– Ultime étape du Secondaire, l’orientation post-bac. Comme il est déjà indiqué dans la page consacrée aux généralités sur le Genre, les filles sont désormais largement majoritaires dans le supérieur (51% des filles sont en post-bac à 18 ans, pour 39% des garçons).

Mais la critique porte surtout sur les filières « d’excellence » [18]. Or la Médecine, le droit, les écoles de commerce, les Sciences Po, Normale sup, n’en feraient pas partie. Seules compteraient les écoles d’ingénieur. Sur quels critères se définissent ces « filières d’excellence », ce serait intéressant de creuser le sujet. Mais même, ultimement, en retenant ce critère, le fait est que la proportion de filles ne cesse de croître parmi les ingénieurs.

Ainsi, les filles sont à un moment historique où leur domination totale du système scolaire est en train de s’établir, avec l’investissement du dernier bastion scientifique. A chaque étape elles réussissent mieux. S’il faut identifier ceux qui bénéficient le moins de ce système, le calcul est vite fait. « Depuis les années 1970, l’école est devenue l’un des rares lieux où l’inégalité s’est renversée, au profit des filles. » [19] Renversée : on est passé d’une inégalité à une autre.

On voit ainsi se dégager en creux trois groupes parmi les garçons :

     – les violents, qui terrorisent tout le Collège et qui se mettent en marge du système scolaire

     – les éteints, qui subissent les violences ou essaient de les éviter, et scolairement font comme ils peuvent

     – les résilients, qui malgré la menace ou grâce à leur potentiel fortement mis à contribution maintiennent leur ambition scolaire et marquent les esprits par leur personnalité

Face à cela, le groupe des filles est différencié bien entendu, mais dans des proportions moindres dans son rapport à une violence subie.

Il est souvent affirmé que l’un des stéréotypes enseignants consiste à regrouper les filles dans un groupe flou, tandis que les garçons auraient des identités plus contrastées. Plutôt que de culpabiliser les enseignants, pourquoi ne pas considérer que la marche du système scolaire, dans ses injustices, pousse les garçons dans des différences de comportement qui marquent l’attention ?

On est donc amené à s’interroger sur les causes de cette situation en partie nouvelle, en réévaluant la situation des genres (ici filles/garçons uniquement) dans le Secondaire.

* : facteur amplifiant d’une culture d’attachement dans laquelle les stéréotypes de genre sont particulièrement puissants et différenciés

Du côté des filles, quelques observations éclairent ce qui précède. Commençons avec les stéréotypes.

Personne ne conteste le fait que les filles sont d’autant plus gratifiées qu’elles se coulent dans leurs stéréotypes de sagesse, d’obéissance. 30 ans au moins qu’on l’observe : le modèle de l’obéissance féminine « leur permet mieux que celui inculqué aux garçons de répondre aux réquisits de l’école » [20].

Et ce dès l’Ecole primaire. La lecture serait « un truc de filles », enseigné par des femmes à des élèves assises bien sagement. Un premier divorce s’opère avec les garçons.

Ses effets vont s’aggraver avec l’arrivée au Collège, où les filles réussissent de plus en plus visiblement. Et ce n’est pas non plus un phénomène nouveau : « Roger Establet est le premier, dans un article de la Revue économique (1988) à observer la progression spectaculaire de la réussite scolaire des filles dans tous les milieux sociaux » [21].

Oui, mais les mathématiques ?

Le rapport de la DEPP rappelle une évidence trop souvent négligée : le niveau de mathématiques des filles est équivalent à celui des garçons, que ce soit en 6e ou à 15 ans (donnée commune à tous les pays européens d’ailleurs, comme le montrent les enquêtes PISA). Mais le niveau de maîtrise de la langue des filles est bien meilleur. N’est-ce pas un calcul rationnel que de se diriger vers les filières dans lesquelles on jouit d’un avantage comparatif, d’une possibilité d’exceller ? On est loin du manque de confiance et de l’attirance atavique vers les filières déclassées.

Mais savent-elles qu’en plus une véritable discrimination positive joue pour elles, certes dans des proportions mesurées ? Les enseignants, en effet, après des décennies d’études sur la différence de discours envers les filles, sont marqués par l’accusation de surnoter les garçons et sous-noter les filles (ce qui n’est qu’en partie vrai, puisqu’ils sous-notent plus encore les garçons les moins efficaces). Ils notent désormais plus fortement une copie s’ils estiment qu’elle est le fait d’une fille ! Les études sont hélas trop rares sur un phénomène qui ne semble guère intéresser. [22]

Egalement peu (ou pas ?) étudié, le discours désormais très répandu à l’école soutenant la capacité des filles à occuper tous les postes et à gouverner le monde, bien légitime, n’aurait aucun impact sur la confiance en soi des filles au moment de s’engager dans le travail et de choisir une orientation ? Ce serait bien triste, et à quoi bon le continuer alors ? Fort heureusement on peut penser qu’il apporte confiance en soi et ouvre les portes.

Formidablement donc, à la fois les stéréotypes et les actions entreprises contre ceux-ci sont bien utiles aux filles tout au long du système scolaire. Les stéréotypes ne jouent pas le rôle uniquement pénalisant qu’on leur attribue au moment de l’orientation.

Mais un autre paramètre entre alors en ligne de compte : la puberté décalée entre filles et garçons. Débutée en fin de Primaire ou début de Collège pour les filles, elle a sur elles des effets multiples. Pour la plupart, c’est juste une grosse fatigue concentrée sur l’année de 4e, sans réelles conséquences sur l’orientation en fin de 3e. Mais pour d’autres, en difficulté avec l’école, cela peut tourner la tête et focaliser l’attention sur une précipitation vers la vie professionnelle, synonyme d’indépendance économique, dans une société « hyper-markettée » où les entreprises poussent à l’ « hyper-sexualisation » des filles (cosmétiques, vêtements). Ces collégiennes sont des cibles idéales. En 3e elles auront peut-être une orientation trop peu ambitieuse.

Pour celles qui parviennent à surmonter ce cap, s’ouvrent les années Lycée. Les filles, majoritaires, en pleine forme, auront dans leurs dossiers des notes de 1ère et Terminale reflétant des années de plein travail. Et ce n’est que justice. Le problème est que les garçons n’auront pas cette chance, et que rien ne sera fait pour en tenir compte. Pour Boris Cyrulnik, c’est un secret de Polichinelle. [23]

Reprenons la même structure pour étudier ce qui se passe, justement,  chez les garçons.

Tout d’abord, qu’en est-il des discours, présentés comme nettement favorables aux garçons ?

Commençons avec le discours implicite, diffusant les stéréotypes, et admettons-le sans barguigner.

Le premier constat est que nombre de garçons arrivant au Collège ont derrière eux un long parcours de punis. Dès la maternelle, en fait. Dès que les stéréotypes qu’on leur a inculqués sont entrés en collision avec les codes de l’école. Etre actif, fort, dynamique, ça passe lorsqu’on a des capacités cognitives qui permettent de répondre aux questions, mais ça entraîne déjà des punitions si on se bat ou si on perturbe. Le stéréotype qui valorise les filles obéissantes stigmatise structurellement le garçon remuant qui entre irrémédiablement dans la case du cancre incapable de se contrôler. Le bonnet d’âne n’a pas disparu.

Or ces stéréotypes sont aussi présentés comme exigeant l’excellence des garçons. « Leur échec est perçu comme devant être expliqué, en général, par un manque d’efforts » selon Nicole Mosconi [24]. Les commentaires de copies, les interactions en classe vont dans ce sens.  Pour qui peut atteindre cette excellence, les stéréotypes sont donc stimulants. Mais pour les autres ? Le sentiment de décevoir l’enseignant, et plus encore ses propres parents par ses propres insuffisances, est absolument destructeur ! Pour quelques élus, combien d’élèves brisés ? Aut Caesar, aut nihil.

Et l’on voit, jusqu’en Terminale, des quantités de garçons éteints en classe, silencieux, discrets. Dont on apprend lors des rendez-vous de prof principal qu’à l’extérieur ils passent leur BAFA et sont d’excellents animateurs, sont de redoutables compétiteurs dans leur équipe de sport, montent des projets en tous genres… Mais l’école leur a fait comprendre qu’ils n’étaient pas assez bons pour qu’elle les reconnaisse. On retrouve là aussi sans surprise quelques agitateurs non déscolarisés. Peut mieux faire…

Certains manquent déjà à l’appel : les sirènes de la délinquance auront été trop fortes. Mais au moins ils auront, face aux ravages qu’ils infligent à leurs quartiers, des personnes formées aux inégalités sociales et aux violences subies. A moins que la police, seule, ne soit chargée de les replacer sur le droit chemin. L’idée n’est pas de faire reposer sur les épaules du seul système scolaire (et encore moins des enseignants !) la responsabilité de la délinquance juvénile masculine, mais peut-on pour autant l’en décharger intégralement ? Que de vies gâchées.

(…)

Mais avec les années un autre discours s’est imposé, explicitement celui-ci. Il porte une valorisation des filles et une stigmatisation de l’oppression masculine.

Ce discours critique vis-à-vis des stéréotypes place les élèves face à des conflits de loyauté redoutables. Certes pas dans les milieux acquis à cette nouvelle doxa, principalement les élites sociales. Mais dans des milieux où les stéréotypes pèsent encore lourd (en simplifiant fortement, les milieux populaires ou issus d’une immigration récente, d’Afrique sub-saharienne, du Maghreb ou de Turquie par exemple, comme on l’a vu dans les généralités sur le Genre) certains élèves doivent arbitrer entre rentrer dans le moule scolaire ou rester fidèles à leur groupe, leurs parents, leur filiation [25]. C’est bien lourd pour ces jeunes. Cela ne signifie pas que notre société doive renoncer. Mais juste comprendre au lieu de juger.

Pour finir, lorsque viennent les échéances d’orientation (3e et Terminale), les stéréotypes poussent des garçons aux résultats scolaires bien modestes vers des filières totalement bouchées. Sport, jeux videos, armée,… Là encore, beaucoup d’appelés, combien d’élus ?

Fort heureusement, nombreux sont ceux qui sont dirigés vers l’enseignement professionnel, où la forme moins scolaire leur offrira de vrais emplois et la possibilité de devenir entrepreneurs. Une importante littérature affirme une domination masculine au travers de ces métiers, en constatant le peu de filières professionnelles choisies par les filles. La comparaison entre filières est complexe, n’entrons pas dans ce débat. L’important est que bien peu de garçons préfèrent à 15 ans être maçons plutôt qu’architectes, et que les filles parviennent, suivant leur vœu, bien plus souvent à entrer en filière technologique ou générale. Les professionnels tiennent tous le même discours : il est difficile de faire venir des jeunes vers leurs métiers, alors même que le travail effectif, les rémunérations et les perspectives sont attractifs. Cela montre bien que le regard de jeunes de 3e n’est pas celui des chercheurs en sociologie.

Les stéréotypes des garçons n’aident pas ceux-ci à l’école, c’est peu dire. Tout au plus, pour quelques-uns qui auront eu le capital social ou les capacités cognitives, le résultat sera une capacité à surmonter les épreuves. Précisément ce qui est perçu comme une domination insupportable, une image de supériorité interdisant l’épanouissement des autres. Un peu de modestie, messieurs les survivants, que diable !

Mais il reste la question de la puberté.

Car la puberté précoce des filles n’est pas sans impact sur les garçons. Distanciés scolairement, il ne leur restait comme oripeaux de leurs rêves de puissance qu’une taille et une force supérieures. Or les filles se mettent à grandir, à parfois dépasser leur taille. Et elles les prennent pour des enfants, ce qu’ils sont. Certains garçons surjouent alors la virilité avec le peu qu’ils peuvent, la brutalité. En faisant cela, il est clair qu’ils s’isolent dans un petit groupe au sein du Collège, trouvant un écho auprès de quelques filles seulement, les plus marquées par les stéréotypes de genre.

Pas étonnant dès lors que la violence diminue dans les années lycées (en fait dès la 3e). Les garçons entrent à leur tour en puberté, traversent des moments de grande fatigue. Ils n’en sortiront qu’en fin de 1ère, juste à temps pour bricoler un projet et un dossier scolaire en vue d’une orientation bouclée au 2e trimestre de Terminale.

Lorsque l’on s’étonne de ce que les enseignant.e.s du secondaire considèrent que les garçons pourraient faire mieux, n’est-ce pas une manière maladroite, inavouée,  de prendre en compte ce différentiel de maturité ? La résistance d’une approche prenant en compte aussi en partie la biologie dans le regard fille-garçon chez les jeunes enseignants pourtant formés au sexisme trouverait peut-être ici une piste d’explication moins culpabilisante que la sempiternelle soumission aux stéréotypes. [26]

Dans ces conditions, on comprend l’étrange accueil du discours présentant les filles comme des victimes à protéger dans l’école d’aujourd’hui. Pour quelques établissements effectivement problématiques, combien de collèges dans lesquels les filles, en tête de classe, soutenues par des enseignants qui passent 10 minutes par cours à recadrer des garçons turbulents, culpabilisent des garçons qui restent entre eux de peur de croiser leurs regards ou de s’exposer aux violences des quelques dominants entourés d’une cour de filles et de garçons ?

Au total, l’effet système joue pleinement en faveur des filles. Discipline stricte, calendrier des orientations, la logique est implacable. Elles font plus que rattraper, elles établissent une domination en bonne et due forme du Secondaire.

Pour clore cette rapide évocation des points de débat sur le genre chez les élèves, deux observations générales nous incitent à la modestie.

D’une part, il reste une large part d’inexpliqué dans tout ce que nous observons au sujet du genre. Déjà en 2001 on pouvait lire : « Viviane Imbert-Jamati a été la première à souligner cette contradiction[ …] : la socialisation des filles à la docilité ne date pas d’hier et peut difficilement expliquer le changement historique de leurs scolarités. » [27]

D’autre part, quoi que l’on pense ou observe, n’oublions jamais que les jeunes ne sont pas, avant leur majorité, responsables des idées qui leur ont été inculquées par les adultes dans le cas des stéréotypes sexistes ; ce sont ces derniers qui sont les responsables. Et pourtant c’est eux qui en paient le prix, à force de coups  parfois, de sanctions souvent, ou de projets inaboutis.

Restons donc prudents au moment de stigmatiser tel ou tel.

Certains savent le dire en musique, alors écoutons-les.

« Voyou », Fauve, 2013

« Behind blue eyes », the Who, 1971

Le Secondaire pour les élèves qui s’interrogent sur leur identité affective ou sexuelle (LGBT)

Ces élèves nécessitent une partie dédiée, car leur situation cumule tout ce que nous venons de dire avec leur condition particulière.

Dans la page de ce site consacrée aux généralités sur l’Homosexualité et  la transidentité on a vu que ce cas de figure concerne en moyenne 1 élève sur 25 pour ce qui est de l’identité homosexuelle, mais bien plus pour ce qui est du doute quant à une possible homosexualité (1/10 à 1/5 selon qu’on est un garçon ou une fille).

C’est sur ces jeunes en pleins questionnements au moment où leur puberté leur donne un corps et des affections électives qui peuvent entrer en contradiction que vient frapper l’oppression viriliste.

Attention toutefois à ne pas survaloriser celle-ci. La bienveillance existe aussi, et la société évolue rapidement.

C’est ce que montre le tableau ci-dessous. Comment se sentent des jeunes Belges de 13-21 ans devant :

 Mal à l’aiseChoqué
Des Hétéros qui s’embrassent2.74 %0.1   %
Des Gays qui s’embrassent37.58 %31.94 %
Des Lesbiennes qui s’embrassent35      %12.9  %

[28] 

On voudrait qu’aucun n’éprouve de malaise dans tous ces cas de figure, bien entendu, en ce sens il y a un grave problème. Mais une franche majorité ne voit rien à redire, il faut tout de même aussi le noter.

Quoi que, hélas, la vérité est plus complexe. Une majorité est à l’aise parmi les élèves de l’enseignement général, une majorité est mal à l’aise dans l’enseignement technologique, une majorité est choquée dans l’enseignement professionnel. On retrouve la place plus importante des stéréotypes de genre au sein des catégories populaires (déjà abordée supra), catégories  surreprésentées chez les élèves de l’enseignement professionnel. De même si les élèves catholiques [29] ne se distinguent pas de la moyenne, les élèves musulmans rejettent bien plus fortement les manifestations d’homosexualité : 65.85 % sont choqués quand des homosexuels s’embrassent (31.71 % pour des lesbiennes) ; 0 % sont à l’aise dans le cas d’un frère homo et 78.05 % choqués.  On l’a déjà dit, la religion n’est pas le facteur profond, mais essentiellement la lecture qui en est faite par la culture issue de pays d’origine (l’arrivée fut-elle ancienne), recalculée au contact difficile avec la culture du pays d’arrivée.

Quoi qu’il en soit, il est plus difficile encore d’être homosexuel en lycée professionnel, et ici aussi ce sont les personnes de sexe masculin qui souffrent le plus des violences.

Il va sans dire que la situation des personnes en situation de transidentité est plus complexe encore. 86%  des trans se sont sentis mal durant leur scolarité, principalement du fait du non respect de leur nom [30]. Il y a aussi le problème du sport : Où se changer ? Quelle activité pratiquer ? Quelle grille de notation adopter ?

Dans tous les cas, il faut garder deux vérités contradictoires à l’esprit.

Le pire n’arrive pas toujours, les communautés enseignantes sont souvent plus protectrices pour ces élèves que leur environnement personnel, et leurs camarades de classe sont souvent leur premier rempart ; à l’abri ils vont pouvoir découvrir ce que leur dit leur cœur.

Mais tout autant, le choc de la découverte, les possibles sarcasmes et violences peuvent pousser des jeunes vers l’irréparable. Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes homosexuels. Le combat pour la libre affirmation reste une obligation dirimante.


[1] Voir par exemple les travaux de Prune Missoffe, en 2015.

[2] Plus d’1/3 des élèves ne fréquente pas les toilettes. Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement publie régulièrement des rapports sur ces sujets. On peut lire aussi par exemple « Les toilettes scolaires », Anne Claire Nonnotte, 2016

[3] « Le féminisme et l’enseignement, pour une égalité filles/garçons », Ligue de l’Enseignement et de l’Education permanente, Juliette Bossé, Décembre 2012 

[4]Véronique Blanchard, David Niget, Mauvaises filles, incorrigibles et rebelles, éditions Textuel, 2016

« Des bandes de filles ont été suivies par la préfecture de Paris suite à leur apparition à l’été 2009. Ces filles âgées de 13 à 20 ans se regroupent au Forum des Halles. Elle sont en majorité nées de parents originaires de parents nés en Afrique subsaharienne et sont souvent déscolarisées. »

On peut aussi consulter : « Genre et rapports de pouvoir dans l’institution judiciaire : Enquête sur le traitement institutionnel des déviances adolescentes par la justice pénale et civile dans la France contemporaine », Thèse de sociologie d’Arthur Vuattoux (institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire INJEP)

Où il apparaît que 17% des mineurs arrêtés par la police sont des filles, 10% passent devant le juge. Elles sont plus souvent protégées que sanctionnées par policiers et éducateurs, contrairement aux garçons.

[5] Sylvie Ayral, La fabrique des garçons, sanctions et genre au Collège, PUF, 2011

[6]  Mixité et violence ordinaire au collège et au lycée, Patricia Mercader, Annie Léchenet, Jean-Pierre Durif-Varemont, Marie-Carmen Garcia, Editions Erès, 2016 (Enquête dans le cadre de l’ANR violence-genre, équipe transdisciplinaire)

[7] op. cit. Compte-rendu dans « Mixité et violence ordinaire au collège et au lycée »,  Observatoire des politiques locales d’éducation et de la réussite éducatives

[8] : Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait, Anne Revillard,Introduction aux études sur le genre, De Boeck, 2020

[9]   « La mixité de genre en éducation : quelques implications des contextes éducatifs non mixtes pour la réussite scolaire et sociale des élèves », Rapport préparé dans le cadre de la Conférence de consensus sur le mixité sociale et scolaire, Québec, 9 et 10 octobre 2018, Caroline Lavasseur et Laurence de Tilly-Dion

[10] DEPP, Note d’information climat scolaire et violence dans les collèges publics perçus par les filles et les garçons, Printemps 2011 (enquête auprès de 18 000 élèves, actualisée depuis )

[11] Eric Debarbieux : « L’oppression viriliste, un conformisme des genres »; Le Café pédagogique, L’expresso, interview par François Jarraud 1er juin 2018 .

Eric Debarbieux  a été Délégué ministériel à la lutte contre les violences scolaires sous 2 présidents. Il est l’auteur avec Arnaud Alessandrin, Johanna Dagorn, Olivia Gaillard de « Les violences sexistes à l’école, une oppression viriliste », Observatoire européen de la violence à l’école, 2018 (enquête auprès de 47 000 élèves)

[12]  « Ce qu’on reproche aux bons élèves c’est de se comporter scolairement « comme des filles ». Un des plus forts stéréotypes est l’équation fille=bonne élève / garçon=résistant à l’école. » « Tout est là. »   Eric debarbieux, id. Pourquoi ne pas alors franchir le Rubicon, et poser qu’il y a une opposition interne au genre masculin, sur ce qu’est une homme ? Entre des stéréotypes opposés, dans une lutte pour le pouvoir interne au genre masculin ?

[13] Canopé, Repérer les inégalités dans le quotidien

[14] Comme on le voit dans ce compte-rendu de recherche en Primaire et Collège.

[15] « Ce sont les garçons des milieux les plus défavorisés et dont les parents ont un niveau de scolarité faible, qui sont touchés fortement par les conséquences de ces stéréotypes. » « Moins les modèles de genre sont contrastés dans le milieu familial, plus les jeunes s’affranchissent du carcan des stéréotypes de genre, mieux ils réussissent à l’école et dans leurs études (en général, on trouve une moindre différenciation des rôles de sexe dans les milieux favorisés, voir Dubet, 2010). »

Gaussel Marie (2016). L’éducation des filles et des garçons : paradoxes et inégalités. Dossier de veille de l’IFÉ, n°112

[16] Eric debarbieux, id.  Un point qu’il a été impossible à vérifier serait que les psychologues scolaires reçoivent 4 garçons pour une fille (L’échec scolaire est un enfer, que faire ?, Marie-Pierre Genecand, Le Temps, 14 juin 2016)

[17] Filles et garçons sur le chemin de l’égalité de l’école à l’enseignement supérieur 2020

[18] : « En dépit de leurs meilleurs résultats scolaires, elle se dirigent relativement moins vers la filière d’excellence que constitue la série scientifique, alors que celle-ci  est la voie privilégiée vers les classes préparatoires, puis vers les grandes écoles qui forment aux professions les plus prestigieuses. »

« La socialisation féminine […] permet aussi paradoxalement de comprendre, selon Baudelot et Establet, leur mise à l’écart des filières scolaires les plus prestigieuses et rentables. »

Introduction aux études sur le genre, op. cit.

[19] : Introduction aux études sur le genre, op. cit.

[20] Christian Baudelot et Roger Establet, Allez les filles !,   Le Seuil, 1992

[21] Jacqueline Laufer, Catherine Marry, Margaret Maruani, Masculin-féminin questions pour les sciences de l’homme, PUF, 2001

[22] Voir sur ce site : L’évaluation des garçons et des filles

[23] https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/boris-cyrulnik-dans-la-tete-de-nos-enfants

[24] « Leur échec est perçu comme devant être expliqué, en général, par un manque d’efforts » selon Nicole Mosconi ; « Genre et pratiques scolaires : comment éduquer à l’égalité »,  anciennement disponible sur Eduscol mais désormais ici.

[25] Sur le conflit de loyauté, notamment dans un cadre culturellement marqué : « Conflit de loyauté et conflit psychique. Une articulation anthropologique, clinique et judiciaire », Yolande Govindama, Martine de Maximy, dans Enfances & Psy n° 56), pages 46 à 56, 2012/3

[26] Pas facile de faire reculer la vision biologique chez les enseignants, comme le montre l’étude « La formation au genre des futurs enseignantes et enseignants à l’épreuve des normes et des valeurs » Muriel Guyaz, Boris Martin, Sylviane Tinenbart , Les dossiers du GREE, numéro 7 , automne 2019, Haute école pédagogique du canton de Vaud (Suisse) pour le primaire.

[27] Masculin-féminin questions pour les sciences de l’homme,  op. cit.

[28] Perception de l’homosexualité, 13-21 ans, Enquête par la fédération belge du planning familial, Regards sur la santé des jeunes, n°9, 2014

[29] L’enseignement belge offre des cours de religion ou de morale.

[30] Johanna Dagorn et Arnaud Alessandrin, La santé des élèves LGBTI, dans L’Ecole des parents, n° 627, 2018 (enquête auprès de 1147 personnes )

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