Accueil>L’enseignant, un professionnel de l’éducation nationale> Eviter le burn out

Puisque parfois le temps se couvre, voici quelques pistes, recettes perso et analyses de spécialistes.

En cas de petite fatigue

/ un peu de musique…

Le Chant de la Terre, de Mahler, par Kathleen Ferrier (qui d’autre ?), ou, plus révolté, La sécurité de l’emploi des Fatals Picards (qui a mieux exprimé l’exaspération enseignante ?), et plus conquérant I will survive par Gloria Gaynor (pour entrer en communion avec les vainqueurs de 1998)

/ bien manger, c’est le début du bonheur

Méditer sur un cocktail « Old fashion »[1], se reconstruire avec un cake immanquable[2], ou repartir en avant avec un jus d’orange frais

/ le livre, notre autre meilleur ami

– Lire la BD Mister O, de Trondheim (un petit personnage rond s’évertue à franchir une crevasse, il essaie, essaie…), relire Un roi sans divertissement de Giono, ou ne pas oser avouer lire le sulfureux La sirène rouge de M. G. Dantec

/ et pourquoi pas un achat compulsif ?

Un plaid moelleux ? une jolie plante verte ?

Et vous, c’est quoi votre cocktail vitalité ?

En cas de moyenne fatigue

Charrette en fin de trimestre, tout qui se bouscule, c’est le lot commun. Les tensions aussi. D’ailleurs, elles proviennent principalement de problèmes relationnels avec des adultes (parents d’élèves, collègues, administration), bien plus qu’avec les élèves, quand on y réfléchit (et les enquêtes le confirment). L’enseignant est donc un salarié tout à fait classique.

Attention cependant, le métier d’enseignant est l’un des plus exposés au burn out[3]. Les signes avant-coureurs sont principalement un sentiment d’échec qui pousse à aller toujours plus loin, une baisse de l’estime de soi qui peut rendre agressif, une fatigue hypnotique qui écarte des solutions et entraîne vers encore plus de fatigue.

Avant de s’abîmer de trop, quelques pistes :

1 : La première étape est de réaliser que l’on se fixe des objectifs très ambitieux, que l’on estime être capable d’atteindre, mais qui sur le moment coûtent cher à l’organisme tout entier ; il peut être de bonne politique de se rabattre sur des objectifs plus modestes, qui peuvent suffire à maintenir provisoirement son statut au sein du collectif de travail, le temps de se ressourcer.

2 : La seconde étape est de reconnaître que l’organisme a été abîmé dans l’effort ; on a puisé dans ses réserves de sommeil et de volonté, et il est nécessaire de les reconstituer en posant quelques phases de vrai repos (sommeil, grand air), voire en faisant appel à ces accélérateurs de détente que sont les massages ou la relaxation.

3 : Enfin durant l’effort on a négligé ce qui n’était pas la priorité du moment. Or l’appel croissant que l’on croit ne pas entendre est pourtant bien là, et joue un grand rôle dans la sensation d’enfermement, d’entonnoir, de piège inextricable dans lequel on s’enferme. Une fois recadré et légèrement reposé, on ré-ouvre les yeux sur le monde qui nous entoure, et on essaie de rattraper le temps perdu. La vraie reconstruction est là.

Sur la durée

La retraite est encore loin ? Quel est le secret de ces enseignants chevronnés et souriants ?

D’abord faire attention à sa santé. Le dos souffre en position assise, attention à choisir un fauteuil qui tient le dos, ou un clavier d’ordinateur placé bas (le portable sur une table, c’est trop haut !). On peut commencer par acheter ces petits coussins placés devant le clavier ou la souris, qui permettent de reposer ses bras plutôt que de maintenir perpétuellement ses bras en sustentation, ce qui oblige à rigidifier en permanence son dos.

Les visites médicales sont plus que rares (voire inexistantes), alors pourquoi ne pas organiser avec l’infirmier(e) de l’établissement une série de rendez-vous avec la médecine du travail, histoire de faire un petit bilan de temps en temps ?

Ensuite voir le verre à moitié plein plus qu’à moitié vide. Le niveau qui baisse, l’administration ceci cela, l’avenir qui s’écroule… Et devenir aigri ? Ou bien ne pas être naïf, mais réaliser la chance qu’il y a à travailler avec des jeunes qui n’ont pas moins de curiosité et d’intelligence que les autres, et avec lesquels on peut vivre une belle aventure intellectuelle et humaine. Et à tout prendre, ce serait pire si on avait dû placer des contrats, licencier des salariés ou gérer la production de casseroles. Isn’t it ??


[1] 3 rhum (ambré ou âgé, c’est mieux), 1 cognac, ½ sirop de violette, 1 sucre

[2] 160g de farine, 1/3 de sachet levure, 120g de sucre, 3 œufs, 100g de beurre, et le reste c’est à l’avenant ; par exemple le jus et les zests (passés à la poêle avec un peu d’eau et sucre pour caraméliser, et coupés fins) de 2 citrons, tout ce qu’on a en graines, avec un doigt de miel ; mélanger dans l’ordre qui vous convient jusqu’à obtenir une pâte unie ;  four à 180 le temps qu’il faut (après 30 minutes on pique et on voit, il faut en général 45 minutes) ; le détail ultime : on entoure le cake juste sorti du moule de film plastique, il refroidit sans sécher et reste moelleux

[3] Même le Figaro s’en inquiète ! (Un professeur sur six en «burn-out», le Figaro, 21/10/2011). On peut écouter le reportage de France culture « Professeur à l’arrêt », autour du cas d’une enseignante performante qui, à 43 ans, a craqué, mais a réussi à faire reconnaître sa souffrance comme «Maladie Imputable au Service ».

Un commentaire sur « Eviter le burn out »

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