Accueil>L’enseignant, un professionnel de l’éducation nationale> Salaire et promotion

L’enseignant est un salarié comme un autre, avec un salaire, des ouvertures, en un mot une carrière.

Cette dimension est rarement évoquée en salle des profs’, car les mythes de l’égalité entre enseignants et du désintéressement général ont la vie dure. Ce n’est pourtant pas être un mercenaire que de s’intéresser au système qui nous emploie, et use plus souvent qu’à son tour du chantage affectif pour obtenir plus de travail avec à peine plus de rémunération (et ce jusqu’en haut de l’échelle; pas de millionnaire à cigare à incriminer, hélas). Un Indien averti en vaut deux.

Rémunération

Le salaire dépend d’abord du statut de l’enseignant.

Les deux statuts les plus fréquents parmi les enseignants de collège et lycée, dont les enseignants documentalistes, qu’ils soient en établissement général, technologique ou professionnel, sont d’une part les certifiés (qui ont validé un CAPES ou un CAPLP) et d’autre part les agrégés. De plus en plus on trouve aussi des vacataires (employés pour une vacation de 200 heures au plus) et des contractuels (employés à l’année en CDD et qui doivent être titularisés après 6 ans). Le salaire varie significativement :

Ce salaire net n’est cependant qu’une base, sur laquelle se greffe une quantité significative de suppléments :

–          Heures supplémentaires annuelles (HSA ; pour une heure hebdomadaire, 120 euros sur 9 mois pour un certifié, 180 pour un agrégé – attention elles ne sont pas versées de juillet à septembre, et le versement d’octobre intervient souvent en décalé avec le salaire de novembre…-) ou exceptionnelles (HSE ; remplacement d’une heure par exemple : 36 euros pour un certifié, 52 pour un agrégé).

–          Primes diverses : surtout la prime de suivi et orientation pour tous les enseignants (1 200 euros par an) plus la prime modulable pour qui est professeur principal, et qui dépend de la difficulté du niveau (de 900 euros par an pour des 1ères à 1 400 euros par an pour des 3e ou 2ndes) ; prime pour enseignement en Zone prioritaire…

–          Enfin certaines allocations sont versées sur le salaire, notamment pour les enfants à charge.

–          D’autres sources de revenus existent, pour qui travaille dans le supérieur (en classe prépa notamment), au CNED, dans les circuits de formation, dans des structures extérieures (musées…).

De manière générale, ces suppléments peuvent représenter un bonus de 10% à… 50%, selon les mois et les situations.

Evolution de carrière

Comme on le voit dans les tableaux, le salaire augmente en fonction de l’ancienneté, qui se scande en échelons.

Au fil des années l’enseignant passe du premier au onzième. Il faut bien noter que la récente réforme a supprimé les anciens systèmes d’ancienneté, choix et grand choix, qui distinguaient des rythmes de promotion différents. Néanmoins, les deux premiers « rendez-vous professionnels » peuvent faire gagner un an chaque pour 30 % des enseignants dans la progression d’échelon. Bien moins que ce que permettait l’ancien système.[2]

Au terme des 11 échelons, il existe alors la « hors classe », désormais accessible à tous. A partir de deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale, et à l’issue du troisième « rendez-vous de carrière », il est possible d’intégrer la hors classe en fonction du parcours professionnel. La cible reste de 7 % des enseignants dans ce régime d’augmentation.

Pour les certifiés, il existe aussi désormais la « classe exceptionnelle », accessible suite à un ultime « rendez-vous de carrière », et à partir du troisième échelon de la hors classe. Y sont en priorité éligibles celles et ceux qui ont exercé en zone d’éducation prioritaire, ou bien ont mené pendant au moins huit ans des missions de formation (à condition d’être titulaires du CAFA) ou de conseiller pédagogique, ainsi que d’enseignement dans le supérieur, ou diverses directions. Un cinquième des promotions touchera aussi des enseignants au dernier échelon de la hors classe, et qui l’auront mérité de par leur action professionnelle.   

On notera que les certifiés accèdent par cela aux indices « Hors échelle A» (HE A[3]), qui se déclinent en chevrons 1, 2 et 3. Il est donc possible de devenir un enseignant « chevronné » tout en restant certifié, privilège auparavant réservé au corps des agrégés (qui devraient pouvoir accéder aux HE B).

(l’évolution inscrite dans ce tableau a été retardée d’un an , suspendue par mesure d’économie par le gouvernement en 2018)


[1] Source : http://www.vocationenseignant.fr/devenir-enseignant-contractuel-ou-vacataire-mode-d-emploi

[2] : Selon les actuelles estimations, le gain serait de 1 000 euros sur l’ensemble de la carrière pour un passage plus rapide du 6e échelon, et de 2 000 euros pour un passage plus rapide du 8e. On est très loin des différences de l’ancien système, estimées par les syndicats à environ 100 000 euros sur l’ensemble de la carrière entre la voie la plus rapide et la voie la plus lente.

[3] Le Hors échelle de la fonction publique s’étage de A à G.

[4] Création prévue en 2020

2 commentaires sur « Salaire et promotions »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s