Accueil>Construire ses cours >Diversifier son approche des cours enseigner par le numérique (TICE) et accompagnement personnalisé> Enseigner par le numérique

[ Est présenté ici le travail de réalisation d’exercices numériques et l’emploi de logiciels de recherche documentaire ; les sites présentant des cours ou des MOOC ou bien des exercices tout faits ne sont pas abordés. Une réflexion sur l’usage des MOOC est présente dans la partie consacrée au cours magistral.
Idem pour les blogs d’enseignants, particulièrement nombreux, où se mêlent propositions de cours et considérations personnelles. Plusieurs sélections globales existent, notamment réalisées par les Cahiers pédagogiques pour les enseignants , et les DANE – Délégations académiques au Numérique- offrent de nombreuses listes d’outils.

Pour les serious games on peut se référer à la réflexion globale menée dans l’académie d’Aix Marseille et aux multiples exemples qui y sont proposés[1] ainsi que, dans ce site, à un exemple dans les pages consacrées au débat . ]


a) Enjeux

* Les TICE ( Technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement )

Il y a eu l’arrivée du téléviseur avec son chariot magnétoscope, avant cela celle du rétroprojecteur sous diverses formes, etc… Aujourd’hui c’est l’arrivée de l’ordinateur qui pose la question de sa place dans nos pratiques pédagogiques.

L‘injonction d’employer l’outil informatique en classe est très forte, en lien avec la numérisation croissante de tous les secteurs de la société.

La traduction très concrète est l’insertion de cette compétence dans le « Référentiel de compétences des enseignants[2] » (2013). Néanmoins, du tableau interactif à la salle informatique, les investissements lourds déjà consentis nécessitent un retour d’expérience quant à la rentabilité pédagogique effective[3]. Qu’on se rappelle l’effervescence, dans les années 80, qui avait accompagné la large distribution d’ordinateurs  MO5 de Thomson dans les établissements scolaires, avec cours du langage Basic à la clef…

Les débats sur l’impact du numérique sur le mode de raisonnement des élèves sont légion. L’origine des mutations dépasse de beaucoup l’école et se trouve principalement dans la sphère privée. Il semblerait que la capacité à opérer dans plusieurs champs en même temps ainsi que la réactivité soient en progrès, tandis que la concentration sur un temps long aurait reculé[4]. Dans le champ scolaire, l’OCDE au travers de l’enquête PISA de 2015 portant sur le numérique conclut catégoriquement : « Les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les TICE n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves. »

Les inégalités sociales sont comme on pouvait s’en douter très fortes. Le travail mené par Philippe Cottier a déterminé quatre profils-type. A une extrême se trouve l’enfant de CSP + qui a un usage limité des réseaux sociaux et des jeux, emploie davantage les traitements de texte et les sites d’information, et au final sait … éteindre son ordinateur, pour ne pas être distrait dans son travail. A l’autre extrémité se trouvent les dilettantes, qui mêlent activités ludiques et scolaires, et surtout les oisifs, en échec, et pour qui l’ordinateur est surtout symbole de jeux, de réseaux sociaux et de videos diverses[5].

Les publications [6] ou enquêtes plus récentes confirment ces observations, avec une interrogation croissante sur les causes de la baisse du QI constatée dans les pays développés [7]. La nécessaire interaction entre humains qui construit notre intelligence pâtirait du recours abusif aux écrans.

Accessoirement (?), ces modes de travail nous interrogent quant au monde dans lequel nous entendons vivre. Il serait légitime de se poser la question du bilan Co² de l’heure de cours, entre ordinateurs et projecteur allumés désormais en permanence (volets fermés), en regard du gain pédagogique réel. L’Education nationale doit-elle participer au « système technicien » mis en évidence par Jacques Ellul [8]? Et la mise à disposition par Microsoft ou Google de tant d’outils auprès des enseignants participe d’une domination monopolistique qui doit nous interroger tant ses implications sont considérables, à l’heure du big data. Les responsables réseau de l’Education nationale ont promu auprès des enseignants, des établissements et donc des élèves des logiciels initialement libres de droits ou dont le code était ouvert (Libre Office, Mozzilla notamment) afin de maintenir un semblant de biodiversité dans le monde numérique. Ce combat continue.

Aujourd’hui l’attention se reporte sur la protection des données individuelles et la protection de la démocratie devant les progrès du big data et des manipulations par les puissances étrangères. C’est le moment de (re) lire 1984 d’Orwell.

Notre responsabilité est importante : à quel moment, ailleurs qu’à l’école, les jeunes sont-ils responsabilisés sur ces questions ?

Plus prosaïquement, les TICE nous posent toute une série de questions immédiates.

  • Questions liées au support :

/ Quelle robustesse pour l’outil informatique, par rapport à un binôme cahier/manuel assez résilient ? En effet certains élèves n’ont pas accès à internet aisément (élèves internes, familles dont le réseau est défaillant pour nombre de raisons). Et même la connexion dans les collèges et lycées n’est pas constante, entre pannes et attaques de virus. Combien de fois doit-on jeter aux orties une séquence si longue à préparer pour des raisons techniques ?

/ Quel support adopter pour que l’exercice réalisé à domicile puisse être utilisé, soit qu’on souhaite qu’il soit transmis à l’enseignant, soit qu’on souhaite qu’il soit consulté lors du cours ?

Faut-il passer par l’impression de ces productions, un placement sur l’Espace numérique de travail est-il préférable, ou bien faut-il tout envoyer à l’enseignant par courriel par exemple ? Et comment, rapidement, exploiter cela en classe ? Projeter quelques productions, passer dans les rangs lire sur les écrans, consulter de son poste tandis que les élèves font un autre travail (mais qui les aide alors ?) ou garder systématiquement la correction pour chez soi ? 

/ Quel espace réserver dans l’exercice numérique pour la correction de l’enseignant ? Il y a sur ce point des outils développés par les correcteurs du CNED et les enseignants travaillant dans les établissements hors de France, qui traitent de plus en plus de copies numériques.

/ Quelle trace de l’exercice et de sa correction l’élève conserve-t-il une fois l’activité achevée ?

  • Question liée à la nature des activités possibles via le numérique :

/ Selon les matières, l’usage est différent, avec une prédilection pour les logiciels d’exercices en sciences, pour les outils de recherche et de présentation dans les sciences humaines, et pour l’aide à la création dans les arts, comme le montre une enquête ministérielle [9].

/ Selon la classe, la pertinence de l’outil informatique évolue.

[ Ne sera pas traitée ici la formation élémentaire à l’usage de l’ordinateur, à la recherche documentaire ou à la présentation, qui sont présents tout au long de la scolarité et qui sont évalués au travers du Socle commun au Collège et du B2I (Brevet informatique et Internet) au Lycée (même si celui-ci reste encore très flou dans sa mise en œuvre). ]

 Au collège le numérique est très adapté pour mettre en place des exercices courts et cadrés, voire pour faire retenir des opérations simples qui doivent devenir des réflexes.

– Au lycée l’insistance portée sur l’apprentissage d’exercices complexes et peu nombreux (démonstrations, traductions, dissertations, critique de documents longs, etc.) entraîne des productions difficilement évaluables par l’ordinateur et nécessite des réponses individualisées ; l’outil numérique s’emploie difficilement sur ce qui fait l’enjeu réel de ces enseignements. 

 – Le supérieur doit communiquer des contenus très lourds, s’appuie sur les techniques acquises précédemment, et exige plus de capacités à la présentation et au travail collaboratif ; le numérique est abondamment employé (moocs, réseaux sociaux…)

Qu’on nous pardonne le caractère très réducteur, voire caricatural de telles assertions, l’objectif est juste ici de poser un début de réflexion sur ce qui justifierait une différence d’usage de l’outil informatique au sein de l’éducation nationale, face aux discours généralisateurs et comminatoires.

/ A chaque étape de la procédure, l’informatique apporte une valeur ajoutée. Elle est un « plus » par rapport à des modes de travail déjà en place : on fait plus vite et mieux ce que l’on faisait déjà avant.

Globalement l’impact du numérique est abordé au travers du modèle SAMR, élaboré par Ruben Puentedura:

  • dans un premier temps le numérique se Substitue à une activité
  • ensuite il Améliore le déroulement de cette activité
  • vient le moment où il Modifie le déroulement d’une activité
  • enfin le numérique Redéfinit l’activité, il permet de créer un cadre nouveau de travail [10]

Le numérique ne modifie pas fondamentalement les bases du métier à ce jour. Et toutes les compétences ne sont pas touchées de la même façon, certaines sont davantage concernées.

Le schéma ci-dessous part des possibilités offertes par le numérique, pour en déduire les modes de raisonnement favorisés.

b) On fait comment ?

* Mettre en oeuvre les TICE

Nombreux sont les articles ou sites internet qui aident à la mise en œuvre des TICE, notamment sur les sites académiques. Une page recense les principales sources disponibles sur le net:

Enseigner avec le numérique: principales ressources disponibles sur le net

On trouvera simplement ici quelques exemples.

Une question de support des TICE

Pour contourner l’engorgement des salles informatiques, une piste peu onéreuse est l’achat d’un chariot portant des tablettes, avec leurs supports de rechargement, en lien avec des systèmes de connexion tablette / vidéo-projecteurs (attention ce point technique est sensible, il faut l’anticiper). Cet outil suffit amplement pour bon nombre d’usages légers.

Une alternative moins coûteuse encore est l’emploi des smartphones des élèves. Beaucoup d’enseignants de langues l’emploient déjà pour enregistrer des expressions orales, d’autres l’utilisent pour des prises de vue ou montages video. Mais des usages encore plus scolaires sont possibles, comme le montre par exemple Adrien Guinemer en mathématiques [11]. Et avec la mise en place d’un wifi accessible dans les classes, les élèves se connectent gratuitement avec leurs propres téléphones. Cela pose la question des rayonnements et de l’emploi extra-scolaire par les élèves, mais au prix d’un peu de surveillance et de confiance, et avec l’équipement en bornes point trop puissantes, cette stratégie est d’un rapport employabilité/coût imbattable.

L’emploi de supports légers et mobiles va dans le sens de la réalisation d’un cahier de classe numérique. Sur une activité, le plan global, les documents vidéo, sonores ou en images (photographies, schémas, cartes…), des textes (lexique, biographies, approfondissements, …) sont en permanence disponibles pour l’élève, qui peut réaliser le travail demandé en piochant selon ses besoins. C’est la fusion du cahier et du manuel. Des débuts de réponse sont proposés par les éditeurs de manuels, mais à des tarifs prohibitifs. Reste la solution de réaliser soi-même ses séquences… On y viendra probablement, mais la charge de travail reste considérable et les conditions techniques posent encore question.

Dans un premier temps, la possibilité d’envoyer aux élèves des documents sur leurs dossiers ENT (espace numérique de travail) ou sur leur courriel académique permet de contourner le format noir et blanc des photocopies.

Dans les deux cas, le risque est de plonger dans l’ivresse de la surabondance, et d’inonder les élèves de ressources. Ici comme ailleurs, l’informatique ne fait pas des élèves des forcenés de travail et des lecteurs hyper-rapides, tout comme elle n’interdit pas aux enseignants de conserver un gros bon sens pédagogique.

Du bon usage des TICE

Reprenons maintenant le Référentiel de compétences ; il est stipulé que l’enseignant doit d’une part intégrer les éléments de la culture numérique nécessaires à l’exercice de son métier et d’autre part doit, vis-à vis des élèves :

  • Aider les élèves à s’approprier les outils et les usages numériques de manière critique et créative.
  • Participer à l’éducation des élèves à un usage responsable d’internet.
  • Utiliser efficacement les technologies pour échanger et se former.
  • Développer les apprentissages collaboratifs.
  • Permettre l’individualisation des apprentissages

Ici ces items seront regroupés en 3 axes:

  • apprendre à se servir des outils numériques (hors apprentissages de base)
  • apprendre à créer avec le numérique
  • aborder une réflexion critique sur le numérique
  • travaux plus individualisés et plus collaboratifs

/ apprendre à se servir des outils numériques

Les élèves ont de plus en plus à leur disposition des outils numériques très performants à l’école. Mais s’en servent-ils ? Il est désormais nécessaire de planifier des séances d’apprentissage à l’usage des logiciels et sites employés. Ce temps peut être mutualisé, avec par exemple un créneau d’AP confié à un(e) collègue documentaliste pour qu’il/elle puisse former à sa façon les élèves sur les moyens dont dispose le CDI, et qui seront employés tout au long du collège ou du lycée (il est préférable qu’un autre enseignant assiste à la séance avec ses élèves, pour renforcer l’ancrage concret de cette formation). Un enseignant plus à l’aise sur les logiciels de science peut de la même façon monter une séquence d’initiation.

L’important est de rapidement réinvestir ces apprentissages, et donc de ne pas placer de créneaux en début d’année pour des techniques qui ne seraient réinvesties que six mois plus tard. Une manière de procéder est de demander explicitement, lors d’une tâche, que les élèves emploient tel ou tel outil et en fassent la démonstration. Exemple : pour des recherches documentaires, les sources se limitent hélas spontanément à des listes de sites internet ; les CDI offrent bien plus de richesse, à nous d’en imposer l’emploi dans l’intérêt de la formation des élèves.

Dans cette veine on trouve aussi l’idée de créer les exercices dont on a besoin pour réussir. Plusieurs logiciels existent qui permettent de créer de Quizz, des mots croisés, des jeux qui porteraient sur le contenu informationnel des cours. Le temps consacré à l’apprentissage de ces logiciels, puis à la réalisation et à la validation de ces exercices (attention, c’est long et complexe) est rentabilisé auprès de ceux qui l’ont réalisé (qui ont appris le cours chemin faisant) et des autres élèves, qui disposent d’un outil efficace et complémentaire.

En vue d’une évaluation ou des examens, parfois des élèves cherchent des « corrigés » ou des aides sur internet. Pourquoi ne pas en faire une activité, sur quelques séances de révision confier à un groupe le soin de trouver des sites proposant des sujets traités, ou bien des cours, de les comparer et d’en faire une synthèse à la classe ?

Des exercices s’appuient sur la valeur ajoutée du numérique. Ainsi, un fichier-exercice envoyé aux élèves leur permet d’étudier une vidéo en ligne (expérience, extrait de film en français ou en langue étrangère, archive de l’INA…), en la visionnant autant de fois que nécessaire, de consulter pour l’analyser les ressources en ligne du CDI (abonnements à des encyclopédies en ligne, à Europress…), de copier-coller des captures d’écran en soutien de leurs analyses, de compléter des tableaux, … Ensuite la réponse est envoyée à l’enseignant.

Idem, la facilité avec laquelle on enregistre la voix a déjà été largement explorés par les collègues de langue. Mais elle peut aussi servir à améliorer l’expression écrite : un texte écrit est lu, enregistré, transmis à un autre auditeur ; les faiblesses de construction apparaissent plus rapidement.

Enfin, des logiciels de présentation offrent des solutions pour certains raisonnements, par exemple Prezi, qui fonctionne notamment par incrustation de développements au sein d’un image, pour analyser un tableau ou une photographie en focalisant sur un détail.

/ apprendre à créer avec le numérique

Ici est le domaine infini des possibilités offertes aux arts, qui ne relèvent pas de notre propos plus général.

La créativité ouverte à toutes les disciplines s’illustre par exemple avec la possibilité de présenter avec un organigramme sur traitement de texte un système en place, une organisation établie, puis de pointer un problème l’affectant. Face au caractère inéluctable d’une telle image, l’élève est amené à modifier un élément, une relation, ou d’introduire un facteur nouveau, afin de résoudre le problème. Et si rien n’est possible… c’est qu’il faut changer de système ! ( suivant l’adage que ce n’est pas en améliorant la bougie que l’on a créé l’ampoule)

La communication lors des exposés est rendue plus simple avec le numérique. Un outil souvent négligé est la carte. Pourtant, avec les fonds de carte vectoriels et quelques outils graphiques simples présents dans n’importe quel tableur, il est désormais possible de créer des éléments de localisation et surtout d’explicitation sans compétence informatique particulière, mais avec un éveil à ces possibilités et à la réalisation, histoire de dépasser le simple zoom sur la Terre offert par un grand fournisseur américain. L’initiation à des sites publics très riches (Géoportail, SIG de régions ou municipalités) offre également une grande variété de cartes topographiques, images à différentes dates ou cartes spécialisées renouvelant l’analyse pour plusieurs matières enseignées.

/ développer une réflexion critique sur les outils numériques

Les outils de sondage peuvent être utilisés en direction des élèves, pour évaluer leur perception d’un dispositif, avec des questions ouvertes ou fermées, de façon anonyme. Responsabilisés, écoutés, la plupart des élèves monte en maturité et le plus souvent seule une minorité tombe dans le piège de la provocation.

On a déjà indiqué l’obligation donnée aux élèves, sur une recherche, d’employer encyclopédies et sites de presse fournis par le CDI avant de se jeter sur Internet. Cette injonction peut prendre la forme d’un exercice comparatif, afin de justifier par les faits la pertinence de ce travail.

En parallèle, un exercice simple sur Internet participe de cette éducation : prendre un mot polémique, et voir les réponses de Google. Puis classer les sites apparaissant dans les 20 premières réponses, ou les 10 si l’on manque de temps. Sites polémiques, perso, de media reconnus, d’administration ? En plus du wiki obligatoire, évidemment. La comparaison avec une seconde requête peut confirmer qu’il ne s’agit pas d’un hasard. Vient alors une recherche ou un exercice sur la manière dont sont référencés les sites, et une réflexion sur la pertinence mais aussi les insuffisances d’une pratique qui ne reposerait que sur ce mode d’information.

Avec le temps, la fabrique des rumeurs se clarifie aussi, puisqu’il en est qui ne posent plus de souci et que l’on peut disséquer, afin d’en déconstruire le mécanisme. Avec leur corollaire, les campagnes de dénigrement, qui peuvent faire des ravages si elles touchent un(e) de nos élèves.

/ Les pratiques favorisant une approche plus individualisée et collaborative

Les deux axes sont à la fois complémentaires et opposés.

Sur des compétences nécessitant peu de réflexion mais beaucoup de rigueur, les banques d’exercices permettent de donner un travail en masse, jusqu’à ce que l’automatisme soit acquis. Ces banques permettent aussi d’exercer les élèves aux mille et une nuances d’un problème, des cas de figure légèrement différents. L’ archétype est le logiciel français de mathématiques Cabri, un succès depuis 20.

Pour le cas particulier de la réalisation de schémas, l’ordinateur permet une grande souplesse de réalisation. A partir d’un texte simple, les élèves commencent par reproduire un schéma constitué d’éléments simples (flèches, cases de texte..) assemblés sur Libre Office ( copier-coller les éléments du schéma de gauche dans la case de droite), puis ils réalisent à partir des mêmes éléments en toute liberté un schéma sur un point simple, puis un autre sur un point plus complexe (on aura alors ajouté d’autres éléments), et terminent en assemblant les schémas en un schéma de synthèse (en évitant les répétitions !). Les productions des binômes sont régulièrement projetées, afin de montrer plusieurs manières de réaliser un même schéma.

La souplesse d’emploi du numérique est aussi appréciable pour la mise à disposition de textes comportant des erreurs ou des imperfections. L’élève peut surligner les erreurs qu’il a identifiées, on projette une version au tableau, puis les corrections viennent, surlignées d’une autre couleur. C’est aussi possible avec des introductions ou conclusions incomplètes, avec des ajouts ou modifications colorisées.

Sur l’orientation, l’informatique apporte aussi un gain de temps considérable, comme on l’a vu plus haut, avec à la fois des sites permettant d’approfondir le profil individuel et dans la foulée d’explorer les métiers envisagés, en toute liberté.

Certaines pratiques favorisent davantage la collaboration.

 Au quotidien, les élèves de Lycée consultent la page Facebook de leur classe pour y échanger mille informations pratiques et aides, hors notre regard… Mais ils consultent aussi (ainsi que leurs parents) de plus en plus le site de l’établissement pour voir les notes et les absences d’enseignant.

Cette pratique peut être valorisée de plusieurs manières. Tous les établissements ont compris l’importance de leur page d’accueil, et y font figurer des photographies de leurs réussites et activités. Cela suppose qu’un enseignant réalisant une action quelque peu particulière doit désormais penser à prendre une photographie à cette fin.

Mais il est aussi possible de placer des dossiers favorisant la réussite de tous les élèves, et que nous avons évoqués ci-dessus : conseils pour l’orientation (les documents réalisées par les élèves peuvent être mutualisés, remis à jour, enrichis au fil des années), pour étudier à l’étranger, pour réaliser de bonnes copies, musée imaginaire, espace dédié à quelques actualités utiles dans le champ scolaire (géopolitique, sciences, étranger, arts…)

La présence d’exemple de copies sur le site du lycée soulève des réticences de la part de plusieurs collègues. A l’origine de cette idée, se trouve la programmation de l’apprentissage des principales méthodes : pour composer un poème, il faut avoir lu ou entendu au moins une fois dans sa vie un poème. Savoir ce vers quoi tend la forme demandée. Dès lors, pourquoi ne pas demander à des élèves le droit de photocopier leur copie, de l’anonymer, la dactylographier et une année suivante en proposer la lecture aux futurs élèves pour qu’ils puissent s’en inspirer au moment de chercher comment répondre à l’exercice ? (en général, lesdits élèves en sont fort flattés !) L’argument de la solution toute prête que l’on copie sans réfléchir ne tient pas une seconde, sauf à nier toute marge de liberté (et d’erreur !) à l’individu, et à se voiler la face quant au caractère en partie répétitif de ce que nous demandons. La forme dactylographiée permet plusieurs solutions : forme brute (juste la copie), complétée (orthographe corrigée, qualités distinguées, et « pour aller plus loin » au lieu des « corrections »), enrichie (structure mise en avant, renvois vers les règles et connaissances). Au fil des années, une banque se constitue qui permet de multiples usages en classe et en-dehors, et attire les élèves vers tous les outils d’aide à la réussite mis à disposition sur le site du lycée.

Dans la classe, un support d’écriture ou d’argumentation peut servir de base à deux élèves ou deux équipes, dans une joute où ils s’affrontent en répondant successivement à l’argument de l’autre, soit instantanément soit après envoi.

Vous trouverez ici de multiples exemples d’activités  s’appuyant sur l’outil numérique.


[1] Emploi en éducation aux media, en technologie, en musique, etc.

[2] Le référentiel de 2013 indique ce qui est attendu comme compétences pour un enseignant au cours de sa carrière, tandis que le précédent référentiel indiquait les attendus à l’issue de la formation.

[3] Franck Amadieu, André Tricot, Apprendre avec le numérique : mythes et réalités. Retz, 2014

[4]La revue Sciences humaines consacre régulièrement des articles au sujet. En référence on pourra lire le hors-série 25 ans de janvier 2016 comportant un article « Comment le numérique a transformé l’école ? ».

[5] Philippe Cottier, François Burdan, Le lycée en régime numérique, Octares, 2016

[6] Michel Desmurget, La fabrique du crétin digital, Seuil, 2019

[7] Voir un article du Monde qui résume bien cette question.

[8] Jacques Ellul, Le système technicien, 1977 – réédité en 2014 au Cherche Midi

[9] Les technologies de l’information et de la communication (TIC) en classe au collège et au lycée : éléments d’usages et enjeux  (octobre 2010), Les dossiers enseignement scolaire, 197, François ALLUIN avec la participation de Marion BILLET-BLOUIN et Régine GENTIL, Ministère de l’Éducation nationale, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance

[10] Ce modèle SAMR est décliné par Allan Carrington (université d’Adelaïde) en une « roue pédagogique », dans laquelle il place des applications d’IPhone. Pour que vous puissiez vous en faire votre propre opinion, voici un lien.

[11] https://adrienguinemer.wordpress.com/

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