Accueil>Poser sa relation avec les élèves>Travailler avec des adolescents> Quel style pédagogique adopter ?>La résilience et la croissance post-traumatique>La résilience et la croissance post-traumatique: données générales

La résilience (du latin resilire: « rebondir »), c’est aller de l’avant après un problème. La personne passe de la focalisation sur le passé au regard tourné vers l’avenir. Une majorité d’humains procède de la sorte, et seuls 10 à 30 % des personnes ont un développement fortement altéré (avec des dépressions, par exemple) après un problème grave.

Comme on s’en doute, ce taux augmente hélas avec la nature et la gravité de l’atteinte. Mais, par exemple, seule une faible minorité de personnes maltraitées dans leur enfance deviendront à leur tout maltraitants. Et, du côté des agresseurs, seuls 18% des criminels sexuels condamnés sont des récidivistes. La plupart des personnes condamnées pour ce crime ne recommencent pas dans les 5 ans.

Le concept de résilience est apparu pour la première fois lors de l’étude d’enfants vivant dans la misère à Hawaï, en 1955, lorsque les chercheurs ont observé que tous les enfants ne sombraient pas dans le sinistre avenir que leur prédisait le déterminisme social. La résilience concerne donc toutes les formes de souffrances, qu’elles soient durables, liées à un choc, ou encore qu’un choc ait aggravé une souffrance.

Face au traumatisme qui apparaît, l’individu a plusieurs réactions possibles. Le processus de résilience commence avec une première phase de résistance à la souffrance. Mais cette résistance peut avoir un coût élevé, si elle pousse l’individu à rejeter par la suite toute forme de confiance en l’autre ou à rejeter le choc dans une des arcanes de sa mémoire [1] par exemple. En revanche, elle peut aider l’individu à retrouver sa posture initiale et y voir une grande victoire [2]. Elle peut aussi l’amener à reconsidérer sa position et en sortir grandi (croissance post-traumatique [3]). Cette posture résiliente peut être aidée de l’extérieur, on parle alors de résilience assistée.

Donc ce n’est pas l’événement en soi qui conduit à la croissance, mais la lutte de l’individu avec cette nouvelle réalité à laquelle il est confronté.

Dans tout cela, il importe de réaliser que nous ne partons pas tous avec le même capital. Certaines et certains, de par leur enfance équilibrée, disposent de ressources qui les aideront à s’en sortir seuls ou qui pourront être mobilisées par une assistance.

Toutefois il ne faut pas négliger la complexité de ce processus, qui comporte le plus souvent une part de négativité dans la résilience, quand bien même il y aurait le plus souvent une part d’appréciation positive même dans la dépression.

Cette réflexion a été particulièrement portée par Boris Cyrulnyk à la fin des années 1990, au travers de l’étude de cas particulièrement traumatisants, tels que les survivants des camps de la mort nazis. La réflexion sur la croissance post-traumatique est plus récente encore (Tedeschi et Calhoum, 2004) . On parle aussi de développement lié au stress (Park, Cohen, Murch, 1996) après des événements de la vie courante tels qu’une rupture amoureuse .

Ressources

Une bonne entrée dans les fondements du concept de résilience, par celui qui l’a rendu commun en France.

Une recherche canadienne de grande qualité (2017), une des très rares ressources sur la croissance post-traumatique et sur les stratégies mises en oeuvre par les personnes.

Isabelle Geninet et André Marchand. Là encore, une recherche canadienne, qui fait le point en 2007 sur l’avancée des théories et des recherches sur la croissance post-traumatique.

  • La résilience ; se reconstruire après un traumatisme, Jacques Lecomte,  Editions Rue d’Ulm, 2010
  • Traité de résilience assistée, Serban Ionescu, éditions PUF, 2011

Une approche large d’aides à le résilience face à des situations complexes à l’échelle individuelle (déficience intellectuelle, addictions…) ou collectives (de la pauvreté jusqu’au génocide…)

On y trouve notamment le chapitre : « Une pédagogie fondée sur le respect de l’enfant et le dialogue : la contribution de la résilience » , par Jan Van Gils, qui prône une pédagogie respectant l’enfant comme partenaire dans l’éducation. (chapitre en partie disponible et en vente sur Cairn) https://www.cairn.info/la-resilience-le-realisme-de-l-esperance–9782865868223-page-9.htm


[1] : Le choc reste présent, mais le cerveau déploie une grande énergie pour le masquer. Cela limite d’autant les capacités cognitives, et rend très sensible à toute approche de son dévoilement. Puis des flash réapparaissent, très perturbants, des années ensuite, amenant l’individu devant une violence terrible à laquelle il n’est pas plus prêt à faire face…

[2] Le vilain petit canard d’Andersen devient un cygne (B. Cyrulnyk), mais, comme le montre Serban Ionescu dans son Traité de résilience assistée, on peut être fier d’être resté un canard !

[3] Cinq domaines de croissance post-traumatique ont été repérés :
- sentiment plus grand de force personnelle

- changement spirituel.

- relations plus chaleureuses et plus intimes avec les autres

- plus grande appréciation de la vie et changement de priorités dans l’existence

- reconnaissance de nouvelles possibilités ou de voies dans la vie de la personne

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