Accueil>Construire ses cours>Bâtir son activité pédagogique> Le travail à la maison

Une enquête du Ministère auprès de collégiens de 13 et 14 ans a montré que 53% d’entre eux passent chaque semaine entre 3 et 6 heures dans leur travail à la maison. De part et d’autre, on trouve 13% qui font moins de 2 heures, et 16% plus de 6 heures. La durée n’est toutefois pas directement corrélée à la réussite : les plus performants travaillent certes beaucoup, mais se distinguent surtout par leur organisation (avec des plages horaires régulières et planifiées), leur autonomie (86% travaillent d’eux-même), et l’importance qu’ils accordent à l’apprentissage par coeur [1].

Dès lors, pour un enseignant, donner autour de deux tâches, chaque semaine, c’est un bon rythme. Ce travail s’intercale avec la préparation des évaluations et intègre la préparation des exposés, dossiers, recherches….

Cela contraint en retour à vérifier le travail en classe. Les élèves acceptent difficilement l’impunité pour ceux qui ne travaillent pas. Mais faire le tour de la classe tandis qu’un élève répond n’est pas si long, et permet de poser des éléments tangibles sur la volonté de travailler des élèves. Le moment de la sanction / discussion approfondie viendra plus tard.

Les tâches exigibles sont bien entendu simples (voir supra).

A l’heure d’internet, lutter contre les échanges entre élèves ou les solutions toute prêtes de l’Intelligence artificielle est une gageure… Et pourquoi s’en priver ? Les élèves articulent très bien les exigences scolaires avec leur culture juvénile : appui sur des videos pour clarifier un point complexe, échanges via les réseaux… [2]

Comme parade, l’exercice créé par l’enseignant lui-même reste une première protection.

Mais au-delà, on peut intégrer cette évolution à la consigne. Pourquoi en effet ne pas constituer des groupes de travail chargés de fournir une réponse commune ? Pourquoi ne pas proposer aux élèves des sites d’entraînement avec de bons exercices simples (en français, mathématiques, langues, il y en a tant !), dont on reprendrait certaines formes lors d’évaluations intermédiaires ? Et pour aller au bout des choses, un certain distributeur de logiciel auprès du monde scolaire (pour saisir les notes, nous les Pro…) propose un moteur de réalisation d’exercices simples (quizz notamment) qui peut être mobilisé dans ce cadre.

Idem avec des sites proposant des compositions ou dossiers thématiques, que l’on fait comparer afin que les élèves dressent les critères techniques d’une « bonne » copie, mais aussi qu’ils relèvent les insuffisances de certains des sites !

Le ministère soutient d’ailleurs le travail extra-scolaire sur base numérique en Collège avec le dispositif « Devoirs faits » du CNED, appuyé par l’assistant virtuel « Jules ». Une application, disponible sur inscription permettrait aux élèves, dans leur établissement, d’être aidés à faire leurs leçons. Le dispositif datant de 2017 présente encore quelques problèmes, mais l’intelligence artificielle mobilisée ouvre une voie inédite, à questionner. [3]


[1] Meriam Barhoumi, « Le travail scolaire des jeunes en dehors de la classe : quelles pratiques et quelles disparités ? »DEPP, Note d’information n°23.32, cité dans Sciences humaines, n. 362, octobre 2023

[2] Vincent Faillet, « Le travail scolaire lycéen hors de la classe », Thèse de sciences de l’éducation, Université Paris Cité, cité dans Sciences humaines, n. 362, octobre 2023

[3] https://dane.ac-caen.fr/Jules-l-ami-virtuel-du-CNED-pour-les-collegiens

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