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L’enseignant est un salarié comme un autre, avec un salaire, des ouvertures, en un mot une carrière.

Cette dimension est rarement évoquée en salle des profs’, car les mythes de l’égalité entre enseignants et du désintéressement général ont la vie dure. Ce n’est pourtant pas être un mercenaire que de s’intéresser au système qui nous emploie, et use plus souvent qu’à son tour du chantage affectif pour obtenir plus de travail avec à peine plus de rémunération (et ce jusqu’en haut de l’échelle; pas de millionnaire à cigare à incriminer, hélas). Un Indien averti en vaut deux.

Rémunération

Le salaire dépend d’abord du statut de l’enseignant.

Les deux statuts les plus fréquents parmi les enseignants de collège et lycée, dont les enseignants documentalistes, qu’ils soient en établissement général, technologique ou professionnel, sont d’une part les certifiés (qui ont validé un CAPES ou un CAPLP) et d’autre part les agrégés. De plus en plus on trouve aussi des contractuels (employés à l’année en CDD et qui doivent être titularisés ou « CDIsés », c’est à dire avec une certitude de poste mais pas l’équivalent d’une certification, après 6 ans).

Le salaire varie significativement selon ces statuts :

On parle ici de points d’indice; c’est l’unité du calcul de la base du salaire: un point équivaut à 4,92€ brut par mois (au 23 juillet 2025).

Ce salaire (brut) n’est cependant qu’une base, sur laquelle se greffe une quantité significative de suppléments :

–          Heures supplémentaires annuelles (HSA; pour une heure hebdomadaire, 135 euros par mois pour un certifié, 195 pour un agrégé – attention leur montant annualisé est versé sur 9 mois, elles ne sont donc pas versées de juillet à septembre, et le versement d’octobre intervient souvent en décalé avec le salaire de novembre…-) ou exceptionnelles (HSE ; remplacement d’une heure par exemple : 42 euros pour un certifié, 61 pour un agrégé).

–          Primes diverses : surtout la prime de suivi et orientation pour tous les enseignants (1 250 euros par an) plus la prime modulable pour qui est professeur principal, et qui dépend de la difficulté du niveau (de 900 euros par an pour des 1ères à 1 400 euros par an pour des 3e ou 2ndes) ; prime pour enseignement en Zone prioritaire…

–          Enfin certaines allocations sont versées sur le salaire, notamment pour les enfants à charge.

–          D’autres sources de revenus existent, pour qui travaille dans le supérieur (en classe prépa notamment), au CNED, dans les circuits de formation, dans des structures extérieures (musées…).

De manière générale, ces suppléments peuvent représenter un bonus de 10% à… 50%, selon les mois et les situations.

Evolution de carrière

On ne parlera pas vraiment d’évolution du salaire, puisque la valeur du point d’indice ne suit pas l’inflation depuis… tellement de décennies (il aurait perdu 1/5e de sa valeur depuis 1982 [2]). Pour voir son salaire augmenter il faut s’appuyer sur les heures supplémentaires et les dispositifs divers, plus l’ancienneté, comme le confirme l’étude de la DEPP précédemment citée.

Il faut bien noter que la réforme sous François Hollande a supprimé les anciens systèmes d’ancienneté, choix et grand choix, qui distinguaient des rythmes de promotion différents. Désormais, la différenciation des rémunérations se fait par l’accès plus ou moins rapide à la hors classe et à la classe exceptionnelle. Bien moins que ce que permettait l’ancien système.[3]

Comme on le voit ci-dessous, , cette ancienneté se scande en classes divisées en échelons. Au terme des 11 échelons de la « classe normale », il existe ainsi la « hors classe », accessible à tous à partir de deux ans d’ancienneté dans le 9e échelon de la classe normale, et à l’issue du deuxième « rendez-vous de carrière ».

Il existe enfin désormais la « classe exceptionnelle », accessible suite à un ultime « rendez-vous de carrière », et à partir du cinquième échelon de la hors classe. On notera que les certifiés accèdent par cela aux indices « Hors échelle A» (HE A[4]), qui se déclinent en chevrons 1, 2 et 3. Il est donc possible de devenir un enseignant « chevronné » tout en restant certifié, privilège auparavant réservé au corps des agrégés (qui devraient pouvoir accéder aux HE B).

L’accès à la classe exceptionnelle n’est plus officiellement lié à l’exercice d’activités extra-pédagogiques (formateur, élu au CA, participation à divers dispositifs…) mais repose sur l’avis très favorable du chef d’établissement et des inspecteurs. Autant dire que se limiter à son seul travail d’enseignant peut suffire, mais si l’on veut accélérer le calendrier il est préférable d’avoir un dossier garni.

Puisque toute vérité est relative, il est de tradition de comparer cette rémunération à celle des enseignants des autres pays européens. Ailleurs comme ici, il est fort difficile de dire ce que l’on entend par salaire des enseignants (selon le statut, selon l’ancienneté, selon les primes…). Une étude du gouvernement de 2019, portant sur les années 2016-17, aide à y voir un peu plus clair, d’où il ressort qu’à ce stade les enseignants français seraient légèrement moins payés que la moyenne de leurs confrères, mais chacun lira avec ses propres yeux les données parfois contradictoires. [5]

Et pour y voir de plus près, vous pouvez toujours avoir envie de travailler autrement, soit en enseignant à des étrangers en France, soit en partant directement à l’étranger. C’est une des grandes libertés de notre métier. Reste à bien se préparer et… trouver un poste. Pour vous aider dans votre quête, le lien ci-dessous vous propose une sélection de sites internet spécialisés sur ce sujet.

Pour enseigner à l’étranger ou à des étrangers

Cas ultime, vous pouvez avoie envie de changer de métier ou, si votre âge vous le permet, de partir en retraite anticipée. Il existe une association qui peut vous aider, car elle s’est spécialisée dans cette mission : Aide aux profs (depuis elle aide aussi tous les enseignants dans leur déroulé de carrière, depuis le passage du concours).


[1] : L’évolution du salaire des enseignants entre 2018 et 2019, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), juillet 2021

[2] : Salaires des enseignants : La chute  http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2021/02/03022021Article637479319467471274.aspx

[3] : Selon les actuelles estimations, le gain serait de 1 000 euros sur l’ensemble de la carrière pour un passage plus rapide du 6e échelon, et de 2 000 euros pour un passage plus rapide du 8e. On est très loin des différences de l’ancien système, estimées par les syndicats à environ 100 000 euros sur l’ensemble de la carrière entre la voie la plus rapide et la voie la plus lente.

[4] : Le Hors échelle de la fonction publique s’étage de A à G.

[5] : notes de novembre 2019 de la DEPP sur L’évolution du salaire des enseignants entre 2016 et 2017, et sur La rémunération des enseignants en Europe : où en est la France ? analysées notamment dans Le Café pédagogique

2 commentaires sur « Salaire et promotions, dont travail à l’étranger »

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