Accueil>Enseignement et Transition écologique>Quelles activités pour enseigner la transition écologique ?

Si un pas de côté vous tente, nous vous signalons un rapport passionnant sur l’éducation à l’écologie hors champ scolaire, par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire [1].

Il sera, pour l’instant, ici question de voir comment choisir la structure de l’activité ou du projet que l’on désire mettre en oeuvre dans le cadre de l’enseignement secondaire.

Déterminer le cadrage de son activité

Comme pour toute activité pédagogique, il importe dans un premier temps de déterminer les compétences visées. Le « Manuel de la grande transition, former pour transformer »[2] affirme qu’un enseignement visant une transition écologique se doit de développer un bouquet de compétences complémentaires afin de permettre le changement de paradigme. Un tableau est proposé, croisant les préconisations de l’UNESCO (L’éducation en vue des Objectifs de développement durable, 2017), de la Conférence des Grandes écoles et la Conférence des présidents d’universités (CGE/CPU; Guide de compétences développement durable et responsabilité sociétale, 2016) et les travaux de Peter Senge :

Cette grille est destinée au supérieur, mais peut bien entendu être étendue au Secondaire. A première vue, rien ici qui révolutionne les objectifs visés usuellement par les enseignants. On le voit toutefois l’interdisciplinarité est fortement préconisée (pour comprendre l’interdépendance des domaines), mais aussi l’écoute des émotions, du ressenti, dans une attention à la fois à soi, aux autres et au monde qui nous entoure. Les auteurs conseillent par exemple d’écrire un journal personnel.

Un peu plus haut dans ce livre, les auteurs pour « changer de récit dans l’enseignement » conseillent aux enseignants de participer eux-même à des actions ou manifestations.

Ainsi la distanciation entre la personne de l’enseignant ou celle de l’élève et les savoirs enseignés est nettement dépassée. Si l’on a vu dans la partie consacrée aux enjeux de l’enseignement de la Transition écologique qu’il est nécessaire de faire passer les discours en actes au sein même de l’institution scolaire, il n’en demeure pas moins que la distanciation reste un fondement essentiel pour des professionnels à qui l’on ne doit pas demander de devenir des militants et pour des élèves dont on doit protéger l’espace intime et la liberté de penser.

Comment faire alors ? Peut-être en revenant à une approche plus technique, ne visant pas à créer un homme nouveau, mais à faire réfléchir et agir dans un périmètre plus scolaire.

De quoi parle-t-on ?

L’enseignement des enjeux écologiques peut sembler impossible, tant il s’agit d’un ensemble, d’une approche systémique complète. Mais précisément, afin de comprendre cette globalité pourquoi ne pas l’aborder par une étude de cas, déjà bien difficile pour nos élèves ?

Le choix des axes est très vaste. Mais les thèmes abordés peuvent être classés en quelques grandes catégories:

Travail autour d’un milieu ou un lieu :

* un jardin, les sols, les forêts (dont la forêt amazonienne), l’air, les océans, les pôles, la planète

* sa maison, son établissement scolaire, son quartier (ou un éco-quartier), sa/une ville

Travail autour d’un domaine :

* l’énergie : l’éolien, le nucléaire, les économies d’énergie

* les déchets

* le numérique : l’équipement (les téléphones, les ordinateurs) / les usages (courriels, numérique)

* la vie quotidienne : tourisme, mode vestimentaire, sport

* l’alimentation : saisonnalité, circuits courts, viande

* ce qui agit sur notre santé : perturbateurs endocriniens, viande, tabac, pollution de l’air (OGM?)

Travail autour d’une espèce :

* animale : abeilles, espèces menacées, verres de terre, animaux du fond de la cour

* végétale :  planctons, plantes endémiques, OGM

Travail autour de décisions collectives

* les textes internationaux,  les lois, la convention citoyenne

* les labels

* les mouvements, associations

A quelle étape se place-t-on ?

Les étapes ci-dessous sont la mise en oeuvre de ce schéma.

La transition écologique présente en effet plusieurs particularités. D’une part elle s’applique à des organismes vivants dont nous ignorons parfois jusqu’à l’existence, et il est donc nécessaire de s’assurer au début de ce que les élèves soient sensibles à la dignité de la vie de ces espèces. Ensuite, les connaissances sur lesquelles s’appuie notre action sont complexes et particulièrement discutées, avec autant d’incertitudes dans les faits que de virulence dans les propos. Une mise en débat est donc préférable. Enfin ce travail dépasse la seule acquisition de connaissances et doit déboucher sur des pratiques, si possible sur des actions.

Sensibilisation, découverte

  • La vie sans les atteintes récentes (une espèce, un écosystème)
  • Pratiques problématiques (surconsommation, pollution)

Modalités privilégiées: sortie sur le terrain, visite, rencontre, enquête des élèves sur leur propre environnement

Atteintes à l’environnement

  • Atteintes à la biodiversité
  • Réchauffement climatique
  • Menaces sur la santé humaine

Modalités privilégiées: recherche, exposé, débat

Des bonnes pratiques à faire connaître

  • Pratiques nuançant une atteinte
  • Pratiques favorisant une plus grande place de la nature

Modalités privilégiées: jeu de rôles avec prise de décision collective, réalisation d’un projet de groupe/de classe, soumission d’un projet à des acteurs de terrain, exposition dans des espaces publics, article dans la presse locale

Evidemment, chacune de ces activités étant chronophage, il est possible de cibler une seule de ces étapes, et d’employer des méthodes plus directes ou légères pour les autres. L’important ici est d’être bien conscient de ces trois étapes pour choisir en toute liberté son dispositif.

De multiples exemples d’activités sont présentés dans les sites indiqués en ressources, avec le lien ci-dessous.

Sitographie


[1] : Éducation non formelle à l’environnement, Fondements sociohistoriques et modalités d’expression territoriale, Joy TOUPET, géographe, laboratoire Espaces et sociétés (ESO), université Rennes 2, Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) NOTES & RAPPORTS, Décembre 2019

[2] : Manuel de la grande transition, Former pour transformer, Collectif Fortes, éditions LLL, 2020

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